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Dossier

Confiance en soi au travail, comprendre et restaurer

Dossier de fond sur la confiance en soi en milieu professionnel, ses sources théoriques, ses mécanismes d'érosion, ses signaux et les approches concrètes pour la restaurer chez les cadres et managers.

Temps de lecture, 11 min

1 500
Professionnels formés
Qualiopi
Certifié actions de formation
4,8/5
Note moyenne apprenants
100 %
Financement OPCO possible
Formation Movea sur ce sujet

Formation Confiance en Soi

Affirmer sa posture professionnelle. Programme Qualiopi, deux jours en intra-entreprise, jusqu'à 12 personnes, présentiel en France entière ou visio.

Modalités
  • 2 jours, 14 heures

    Format pédagogique standard Movea

  • Jusqu'à 12 personnes

    Groupe limité pour la qualité des retours

  • Intra présentiel ou visio

    Sur site client ou en distanciel

  • Qualiopi

    Certifié actions de formation

La confiance en soi au travail est la conviction que vous pouvez agir dans une situation professionnelle donnée et tenir le résultat. C'est une croyance située, qui se construit par accumulation d'expériences réussies et se dégrade par accidents identifiables. Ce dossier propose une lecture structurée, appuyée sur les travaux fondateurs (Bandura, Branden, Clance et Imes) et sur ce que Movea observe en formation auprès de cadres et managers.

L'objectif n'est pas de fournir une recette d'assurance permanente, cela n'existe pas. L'objectif est de comprendre comment la confiance se forme, par où elle s'érode et par quelles approches la restaurer.

Qu'est-ce que la confiance en soi au travail

La confiance en soi au travail est la capacité ressentie d'agir efficacement dans un contexte professionnel précis : tenir une réunion, porter un dossier, arbitrer un désaccord, formuler une décision impopulaire. Elle ne porte pas sur votre valeur de personne.

Cette définition contextuelle écarte deux confusions fréquentes. Première confusion, assimiler confiance et tempérament extraverti : une personne réservée peut être profondément confiante dans son périmètre, une personne expansive peut s'effondrer dès qu'elle perd ses repères. Deuxième confusion, opposer confiance et doute : le doute n'est pas l'inverse de la confiance, c'est un signal cognitif qui peut coexister avec une action assumée.

La confiance se construit par accumulation d'expériences réussies et par traitement adéquat des échecs. Elle se dégrade par à-coups, sur des événements précis qui marquent. C'est ce qui la rend travaillable.

Confiance, estime, affirmation : trois notions distinctes

Ces trois termes sont souvent confondus dans la littérature de développement personnel. Les distinguer clarifie ce que vise une formation et ce qu'elle ne peut pas faire.

L'estime de soi est le jugement global que vous portez sur votre valeur, indépendamment d'un contexte précis. Elle se travaille sur des temps longs, souvent en thérapie. La confiance en soi est contextuelle et se modifie par la pratique. L'affirmation de soi est la capacité à exprimer ce que vous pensez, sentez ou voulez, sans agresser ni vous effacer ; elle se travaille par des méthodes formalisées (DESC, OSBD).

NotionQuestion typeMode de travailHorizon
Confiance en soi"Suis-je capable ici, maintenant ?"Exercices situationnelsSemaines à mois
Estime de soi"Quelle valeur je me reconnais ?"Travail introspectif, thérapieMois à années
Affirmation de soi"Comment je le dis ?"Méthodes formalisées (DESC, OSBD)Jours à semaines

Une personne qui s'effondre en réunion peut avoir un problème de confiance dans cette situation précise, un problème d'estime plus profond, ou un problème d'affirmation (elle sait quoi dire, elle ne sait pas comment le formuler). Les réponses ne sont pas les mêmes.

Les sources de la confiance en soi selon Bandura

Albert Bandura, psychologue canadien longtemps professeur à Stanford, publie en 1977 un article fondateur dans Psychological Review où il introduit le concept d'auto-efficacité (self-efficacy). Sa thèse : la croyance qu'a une personne en sa propre capacité à réaliser une tâche prédit son comportement aussi bien, parfois mieux, que ses compétences objectives.

Bandura identifie quatre sources qui alimentent cette croyance, par ordre décroissant de puissance.

L'expérience de maîtrise (mastery experience), première source et de loin la plus efficace. Réussir une tâche, dans des conditions qui ressemblent à celles que l'on craint, modifie durablement la croyance en sa capacité. Un cadre qui redoute la prise de parole et réussit trois interventions courtes consécutives ancre un changement plus profond qu'une heure de coaching verbal.

L'apprentissage vicariant (vicarious experience), deuxième source. Observer un pair perçu comme similaire réussir une tâche augmente la croyance que l'on peut soi-même y parvenir. C'est le ressort de la formation collective bien conduite.

La persuasion verbale (verbal persuasion), troisième source. Un retour précis et crédible d'un tiers sur une tâche réalisée. La persuasion creuse ("tu vas y arriver") n'a pas d'effet durable. La persuasion ancrée sur des faits a un effet réel mais limité, elle ne tient pas seule.

Les états physiologiques et émotionnels (physiological states), quatrième source. La capacité à réguler son stress, sa respiration, sa posture corporelle au moment d'agir influence la perception de sa propre capacité. C'est pourquoi un travail corporel précède utilement un travail cognitif.

Ces quatre sources se travaillent. Aucune n'est figée par le tempérament. C'est l'apport décisif de Bandura. Nathaniel Branden, dans Les Six Piliers de l'estime de soi (1994), complète cette lecture par un point que Movea reprend en formation : la confiance qui ne s'incarne pas dans des actes répétés s'érode. Branden insiste sur la pratique consciente, l'acceptation, la responsabilité, l'affirmation, l'orientation vers des buts et l'intégrité personnelle.

Comment la confiance s'érode au travail

La perte de confiance suit rarement une pente continue. Elle se produit par accidents identifiables, dont l'effet se prolonge silencieusement.

L'échec public marque. Une présentation qui se passe mal devant un comité, une décision défendue puis désavouée publiquement, une erreur visible. Sans relecture explicite, l'épisode s'inscrit comme preuve d'incapacité. Le feedback descendant brutal agit de la même manière : une remarque, parfois unique, formulée sans soin par un manager, peut s'installer durablement. Movea observe en formation que la perte de confiance se rattache souvent à un événement précis, parfois ancien (huit ans dans un cas récemment travaillé), dont l'origine n'avait jamais été identifiée.

Le syndrome de l'imposteur opère sur le même registre, surtout chez les cadres en évolution rapide et les profils atypiques. Le mécanisme : attribuer ses réussites à des facteurs externes et ses échecs à des facteurs internes (voir section dédiée plus bas). Le plafond de verre, lui, est un effet de contexte. Les travaux de Catalyst (États-Unis) et du Conseil supérieur de l'égalité professionnelle (France) documentent que la confiance déclarée des cadres femmes décroît avec la progression hiérarchique, alors qu'elle se stabilise chez les hommes à parcours équivalent.

Les signaux d'une confiance fragile en milieu professionnel

Trois signaux opérationnels, observés régulièrement chez les participants de formations Movea.

Premier signal, la sur-préparation systématique. Préparer un dossier avec trois fois le matériel nécessaire, anticiper toutes les objections imaginables, refuser d'arriver sans filet. Posture coûteuse qui entretient la croyance qu'il faut tout contrôler pour être légitime.

Deuxième signal, la difficulté à recevoir un compliment ou une promotion sans la relativiser. "C'est l'équipe qui a fait", "le timing était bon, ce n'était pas vraiment moi". Marqueur classique de syndrome de l'imposteur.

Troisième signal, la voix qui monte ou s'efface en réunion à enjeu. Elle porte les marqueurs physiologiques du stress avant que la personne en ait conscience. Une formatrice expérimentée le repère en quelques minutes.

D'autres signaux complètent la liste : retrait silencieux en réunion alors que la personne a un avis arrêté, demande répétée de validation sur des décisions de son périmètre, évitement de certaines situations (négociation salariale, recadrage d'un collaborateur, prise de position publique).

Les approches concrètes pour la restaurer

Quatre approches, structurées selon les sources de Bandura.

Programmer des expériences de maîtrise calibrées. Pas trop faciles (sans effet), pas inaccessibles (effet négatif). Une formation efficace propose des exercices d'intensité croissante, sur des situations qui ressemblent à celles que la personne redoute. La répétition espacée consolide l'apprentissage.

Travailler le corps avant le cognitif. Cinq postures travaillées en formation Movea : ancrage des pieds au sol, ouverture de la cage thoracique, regard à hauteur, voix appuyée sur l'expiration, pause avant de répondre. Ces postures modifient la perception de sa propre capacité bien avant tout travail de discours interne.

Recenser les preuves de compétence. Exercice simple et puissant : lister par écrit dix situations professionnelles maîtrisées au cours des trois dernières années, avec le rôle précis joué et le résultat obtenu. Cette mise en mots contrarie la pente naturelle à minimiser ses réussites.

Restructurer les pensées automatiques. Issu des thérapies cognitivo-comportementales d'Aaron Beck (années 1960), ce travail apprend à repérer les pensées qui surviennent en situation (je vais paraître incompétent, ils vont voir que je bluffe) et à les remplacer par des cognitions ancrées sur des faits.

Boris Cyrulnik, dans ses travaux sur la résilience, rappelle un point essentiel : ce qui restaure une trajectoire, ce n'est pas l'absence d'événements défavorables, c'est la qualité du tissage qui se fait après.

Le syndrome de l'imposteur chez le cadre supérieur

Pauline Clance et Suzanne Imes, psychologues à la Georgia State University, publient en 1978 un article dans Psychotherapy: Theory, Research and Practice qui introduit le phénomène de l'imposteur. Elles l'observent initialement chez des femmes universitaires brillantes qui attribuent systématiquement leurs réussites à des facteurs externes. Une revue de Bravata et al. (2020, Journal of General Internal Medicine) estime la prévalence à au moins 70 % en population générale au cours de la vie, avec une fréquence accrue chez les cadres en évolution rapide et les profils issus de minorités.

Le mécanisme repose sur un biais d'attribution. Les réussites sont attribuées à la chance, au timing, à l'indulgence des autres. Les échecs sont attribués à l'incompétence intrinsèque. Ce traitement asymétrique alimente la croyance d'être un imposteur, indépendamment des preuves objectives.

Le travail en formation passe par trois étapes : nommer le mécanisme (sa simple identification désamorce une partie de l'angoisse), recenser les preuves concrètes de compétence en travaillant explicitement leur attribution interne, apprendre à différer la rumination par des techniques d'ancrage attentionnel.

Confiance en soi et prise de parole, un lien direct

La prise de parole en public est l'épreuve qui révèle le plus rapidement l'état de la confiance. Le corps trahit avant le discours : voix qui monte, débit qui s'accélère, regard qui fuit. Travailler la confiance sans travailler la prise de parole laisse une zone aveugle ; travailler la prise de parole sans toucher au socle de confiance produit des effets cosmétiques peu durables. Movea consacre un dossier dédié, voir prise de parole en public.

Confiance en soi et gestion du stress

Les deux thématiques sont enchevêtrées. Un stress non régulé dégrade la perception de sa propre capacité (la quatrième source de Bandura). Une confiance fragile augmente l'intensité du stress face à une situation d'enjeu. Les techniques de régulation physiologique (cohérence cardiaque, ancrage attentionnel, restructuration cognitive) servent les deux objectifs. Voir le dossier stress au travail pour le détail des approches.

Étude de cas, cadre supérieure en bascule de poste

Cabinet de conseil en stratégie, Lyon, 80 consultants. Une consultante senior, douze ans d'ancienneté, évaluations annuelles excellentes, attendue par sa hiérarchie sur le grade de manager. Elle décline trois années consécutives, ne se sentant pas légitime malgré les preuves accumulées.

En formation, sur deux jours en intra, le mécanisme apparaît vite. Attribution systématique des réussites à l'équipe, à la chance, à un manager qui l'aurait portée. Un événement précis émerge : huit ans plus tôt, un associé lui avait dit en passant qu'elle "n'aurait jamais le coffre pour porter un client". La phrase, jamais retravaillée, agissait depuis comme un plafond intérieur.

Intervention : deux jours collectifs sur le socle de confiance, deux demi-journées de coaching individuel à un mois d'intervalle, travail sur le recensement des dossiers portés, restructuration de l'attribution causale, cinq exercices corporels pratiqués quotidiennement. Résultat : promotion acceptée six mois plus tard. Sur le périmètre élargi du cabinet (4 consultantes seniors en situation comparable), 3 promotions sur 4 dans les 9 mois suivants.

Témoignage

Camille T., consultante senior devenue manager, secteur conseil, Lyon.

"J'ai compris en formation que je traitais mes succès comme des coïncidences et mes erreurs comme des preuves. Inverser cette grille a pris du temps, mais l'exercice de recensement des dossiers portés m'a sidérée. J'ai candidaté au grade supérieur, j'ai refusé un dossier qui n'avait pas de sens, j'ai dit en comité que je n'étais pas d'accord avec une décision. Le quatrième acquis est moins visible : j'ai cessé de sur-préparer. Je gagne deux heures par réunion à enjeu."

Modalités de formation chez Movea

La formation confiance en soi Movea se déroule sur deux jours intensifs, en intra-entreprise, en présentiel dans vos locaux ou en visio. La pédagogie combine apports théoriques (Bandura, Branden, Clance et Imes), travail corporel (cinq exercices de présence), mises en situation sur des cas réels apportés par les participants, et construction d'un plan d'action personnel sur 90 jours.

Les groupes sont volontairement restreints, jusqu'à 12 participants maximum. L'intervention s'adapte au contexte et au vocabulaire de l'organisation. La formation est finançable via l'OPCO ou le plan de développement des compétences de l'entreprise. La certification Qualiopi de Movea garantit l'éligibilité aux financements publics. Voir aussi la formation prise de parole en public et la formation affirmation de soi.

Aller plus loin

Former vos équipes sur ce sujet

Movea propose une formation principale alignée sur ce dossier, et des formations connexes dans la même famille de soft skills.

Questions fréquentes

Quelle différence entre confiance en soi et estime de soi ?
La confiance en soi se rapporte à une situation précise, suis-je capable de tenir cette réunion, de mener cet entretien, de défendre ce dossier. Elle est contextuelle et se modifie par l'expérience répétée. L'estime de soi est le jugement global que vous portez sur votre valeur de personne, indépendamment d'un contexte. Une personne peut avoir une bonne estime d'elle-même et manquer de confiance dans une situation nouvelle, ou avoir une confiance technique solide et une estime fragile. Les deux se travaillent, mais par des chemins distincts.
Le syndrome de l'imposteur est-il une vraie pathologie ?
Non, ce n'est pas un diagnostic clinique inscrit au DSM. Pauline Clance et Suzanne Imes, psychologues à Atlanta, l'ont décrit en 1978 comme un phénomène, le sentiment persistant d'être un imposteur malgré des preuves objectives de compétence. Il touche en proportion importante les cadres supérieurs, les femmes en évolution rapide et les profils issus de minorités. Il se travaille par la reconnaissance explicite du mécanisme, le recensement des preuves de compétence et un travail sur l'attribution des succès.
Combien de temps faut-il pour gagner en confiance ?
Cela dépend du point de départ et du périmètre visé. Sur une situation précise, prise de parole en comité, conduite d'un entretien difficile, négociation salariale, deux jours de formation suivis de trois à six semaines de mise en pratique régulière donnent en général des effets observables. Sur un travail plus global sur l'estime de soi, ou sur des croyances installées de longue date, l'horizon est de plusieurs mois et passe souvent par un accompagnement individuel complémentaire.
La confiance en soi peut-elle s'apprendre ou est-ce une question de tempérament ?
Les travaux d'Albert Bandura sur l'auto-efficacité, depuis 1977, montrent que la croyance en sa propre capacité d'action se construit par quatre sources : l'expérience de maîtrise, l'observation de pairs, la persuasion verbale, la régulation émotionnelle. Aucune de ces sources n'est figée par le tempérament. Le tempérament influence le point de départ, pas la trajectoire. Une formation structurée travaille ces quatre sources de manière explicite.
Comment soutenir un collaborateur qui perd confiance ?
Trois postures aident, et trois pièges sont à éviter. Aident : nommer factuellement ce que vous observez sans interprétation psychologique, rappeler des réussites précises et datées, proposer des objectifs intermédiaires atteignables. À éviter : la rassurance creuse (vous êtes très compétent), le coaching sauvage sans formation, la mise sous protection qui prive la personne d'occasions de prouver sa compétence. Si la situation s'installe, orienter vers une formation ou un accompagnement professionnel.

Sources et références

Le mot des fondateurs

Pourquoi Movea existe

En 2022, Léa Orthlieb et Mathias Nizan fondent Movea. Deux trajectoires qui se croisent autour d'un même constat : les compétences techniques d'un professionnel ne pèsent qu'une partie de sa réussite. Le reste se joue dans la relation à soi, dans la capacité à tenir sous pression, à parler clair, à composer avec ses émotions sans en être l'otage.

Léa apporte l'outil thérapeutique. Hypnothérapeute et formatrice en PNL, elle conçoit des protocoles sur mesure pour des professionnels confrontés à des blocages complexes. Hypno Radio®, son podcast, cumule plus de 200 000 écoutes. Mathias arrive avec le terrain managérial. Ancien manager d'équipe devenu formateur, il sait à quel moment précis un commercial perd son client, où un manager se fige face à un conflit, comment une équipe se grippe quand personne n'ose nommer ce qui se passe.

Movea forme à partir d'une idée précise : un professionnel performant connaît ses émotions, ses doutes, ses zones de fragilité. Il les apprivoise et il les utilise. La connaissance de soi devient un outil de travail au même titre qu'un CRM.

Une équipe fonctionne comme un système. Former un manager à mieux écouter ne change pas qu'un manager : ça modifie la dynamique de toute son équipe. Chaque formation Movea travaille la personne et ce qu'elle déplace autour d'elle.

Vous repartez d'une formation Movea avec une compétence concrète, une meilleure lecture de vous-même au travail, et des outils transmissibles à réutiliser seul, longtemps après la session. Plus de 1 500 professionnels formés depuis 2022.

Mathias et Léa

Mathias Nizan
Mathias Nizan
Co-fondateur
Mathias
Léa Orthlieb
Léa Orthlieb
Co-fondatrice et formatrice
Léa