Formation Écrits Professionnels : Rédiger des Mails et des Documents Clairs
Une formation aux écrits professionnels apprend à rédiger des mails, des comptes rendus et des notes que le lecteur comprend du premier coup et auxquels il peut répondre vite. Movea forme managers, assistants, chefs de projet, équipes support et relation client sur deux jours de sept heures, en intra, sur votre site ou par visioconférence, douze personnes au plus, à partir des textes que chacun envoie déjà. Au programme : le message principal en tête, une demande explicite, le choix des destinataires, le ton d'un refus ou d'une relance, le langage clair et la relecture.
Animée par un formateur du réseau Movea · Mise à jour le
L'essentiel
- Le matériau de travail vient des participants eux-mêmes : un mail envoyé, un compte rendu ou une note, une réponse délicate, recueillis au cadrage et rendus anonymes.
- La première journée traite la structure et le mail : message principal d'abord, objet qui annonce l'action, demande unique et datée, destinataires et copies. La seconde porte sur les comptes rendus et les notes, le ton d'un refus, d'une relance ou d'une réponse à une réclamation, le langage clair et la relecture.
- Les repères enseignés ont une origine identifiable : le principe pyramidal de Barbara Minto, les recommandations de la DITP sur le langage clair, la norme ISO 24495-1 de 2023 et des travaux de recherche récents sur la charge des mails.
- Le tarif vaut pour douze participants au maximum, réunis chez vous ou en classe virtuelle : 1 980 € HT par journée de formation, 3 960 € HT au total. Une personne peut suivre ce programme seule, en coaching individuel, au prix journalier identique. Suivant le secteur et l'effectif, l'OPCO peut rembourser une partie ou la totalité du coût pédagogique.
- Un intervenant du réseau Movea, spécialiste de l'écrit professionnel, mène la session ; vous connaissez son nom dès la clôture du cadrage.
Le déroulé pédagogique
Jour 1 : structurer ses écrits et rédiger des mails qui obtiennent une réponse
- Module 1Le message principal d'abord
Chacun condense en une phrase ce que son lecteur doit retenir ou faire, puis réécrit l'un de ses mails en ouvrant sur cette phrase. Le groupe découvre la pyramide de Barbara Minto, qui ordonne un texte de haut en bas : conclusion, raisons, faits. Un test clôt l'exercice : une personne qui s'arrête à la deuxième phrase sait-elle quoi faire ?
- Module 2Objet, demande et longueur
Le module travaille l'objet du mail, qui doit dire le sujet et l'action attendue, puis la demande, posée une seule fois, avec un nom et une date. Les participants coupent de moitié un mail réel et comparent les deux versions. Ils apprennent aussi à scinder deux demandes sans lien en deux messages.
- Module 3Destinataires, copies et moment d'envoi
Qui placer en destinataire, qui en copie, quand répondre à tous, quand décrocher son téléphone au lieu d'allonger un fil de quinze réponses. Le groupe se donne des règles communes pour les envois du soir et du week-end : envoi différé, mention du délai de réponse attendu.
Jour 2 : rendre compte, trouver le ton juste, rendre le texte lisible
- Module 1Compte rendu et note de synthèse
Les participants reprennent un compte rendu qu'ils ont rédigé et le réorganisent : décisions et actions en tête, points restés ouverts, puis résumé des échanges utiles. Ils écrivent ensuite une note d'une page pour obtenir une décision de leur direction, avec les options et leur recommandation.
- Module 2Refuser, relancer, répondre à une réclamation
Trois écrits délicats sont travaillés sur les cas du cadrage. Le refus donne la réponse dès la phrase d'ouverture, puis la raison et, quand elle existe, une solution de remplacement. La relance rappelle le premier message et sa date, puis fixe une nouvelle échéance. La réponse à une réclamation reconnaît le problème et précise ce qui sera fait, par qui et pour quand.
- Module 3Langage clair, relecture et IA générative
Le module applique les repères de la DITP : une douzaine de mots par phrase en moyenne, forme active, mots courants, une idée par paragraphe. Les participants relisent en trois passages, puis corrigent un brouillon produit par une IA générative en contrôlant les faits, les chiffres et le ton. Chacun repart avec deux écrits réécrits et sa liste de contrôle.
Objectifs pédagogiques
- Résumer en une phrase ce que le lecteur doit retenir ou faire, puis placer cette phrase en tête du texte
- Écrire un objet de mail qui annonce le sujet et l'action attendue
- Formuler une demande unique, adressée à une personne nommée, avec une échéance
- Choisir les destinataires et les copies, et repérer le moment où un appel vaut mieux qu'un message de plus
- Rédiger un compte rendu ou une note d'une page qu'une personne absente comprend seule
- Trouver le ton d'un refus, d'une relance ou d'une réponse à une réclamation
- Appliquer les règles du langage clair et relire un texte avant envoi, brouillon d'IA générative compris
Public et prérequis
- Managers qui écrivent chaque jour à leur équipe, à leur direction et aux autres services
- Assistants de direction, assistants d'équipe et chargés de mission qui rédigent comptes rendus, notes et courriers
- Chefs de projet qui coordonnent par écrit des personnes sur lesquelles ils n'ont aucune autorité
- Équipes support, relation client et services administratifs qui répondent à des demandes et à des réclamations
Conditions pratiques et tarif
| Durée | 2 jours, 14 heures |
|---|---|
| Programme | Jour 1 : structurer ses écrits et rédiger des mails qui obtiennent une réponse ; Jour 2 : rendre compte, trouver le ton juste, rendre le texte lisible |
| Format | écrits professionnels en intra : vos locaux ou la visio, 12 personnes au plus |
| Prérequis | Aucun prérequis n'est demandé. En amont, chacun transmet trois écrits récents, rendus anonymes : un mail, un compte rendu ou une note, et une réponse délicate. La session suppose une maîtrise courante du français écrit ; en cas de grosses difficultés d'orthographe ou de grammaire, un parcours de remise à niveau répond mieux au besoin. Si un handicap demande des aménagements, dites-le au cadrage : Movea adapte les exercices et les supports. |
| Animation | Formateur du réseau Movea, désigné au cadrage |
| Tarif | 3 960 € HT les deux jours (1 980 € HT par jour) |
| Objectif | Résumer en une phrase ce que le lecteur doit retenir ou faire, puis placer cette phrase en tête du texte |
| Financement | OPCO selon la branche, ou budget formation |
| Format individuel | Coaching one to one en écrits professionnels, même tarif journalier, durée à la carte |
Qui anime cette formation
Movea choisit pour cette session un formateur de son réseau habitué à reprendre avec des équipes leurs mails, leurs notes et leurs comptes rendus. Il est retenu pendant le cadrage, au vu des documents du groupe : mails internes d'un service support, comptes rendus d'un chef de projet, réponses écrites d'une équipe de relation client. Il réécrit avec chaque participant ses propres textes, rendus anonymes, puis le groupe compare la version de départ et la version retravaillée. Chaque exercice se termine par une relecture en binôme, guidée par une liste de contrôle : message principal, demande, destinataires, ton, longueur.
Formateurs du réseau Movea
4,8/5
Moyenne Movea, toutes formations confondues
Questions fréquentes
Qu'appelle-t-on un écrit professionnel ?
Combien de temps faut-il prévoir pour la formation écrits professionnels ?
Quels écrits sont travaillés pendant la session ?
Comment rédiger l'objet d'un mail ?
Qui faut-il mettre en copie d'un mail ?
Comment relancer un interlocuteur par mail ?
Que désigne le langage clair ?
Peut-on rédiger ses mails avec une IA générative ?
L'orthographe fait-elle partie du programme ?
En quoi diffère-t-elle des formations communication interpersonnelle et prise de parole ?
Qui anime la formation écrits professionnels ?
Combien faut-il budgéter, et qui peut payer la formation ?
Une personne peut-elle être accompagnée seule ?
Le CPF peut-il prendre en charge cette formation ?
Écrits professionnels : définition et enjeux
Un écrit professionnel est un texte rédigé dans le cadre du travail pour informer, demander, rendre compte ou faire décider : un mail, un compte rendu, une note, un courrier. Son lecteur le découvre seul, souvent entre deux tâches, et ne peut pas demander à l'auteur ce qu'il a voulu dire.
Trois publications récentes situent l'enjeu.
- En octobre 2024, des chercheurs des universités de Bochum et de Kassel ont publié dans Frontiers in Psychology une étude sur 444 salariés, interrogés deux fois à deux semaines d'écart. Une charge de mails élevée précédait une hausse de la pression temporelle, des interruptions et de l'irritation. Les auteurs concluent que la charge de mails est un facteur de stress à part entière.
- Dans la revue Information & Management, trois chercheurs, dont deux de l'institut luxembourgeois de recherche socio-économique (LISER), ont analysé les réponses de 1 372 personnes. Les répondants débordés par leurs mails pendant leur temps de travail déclarent plus de stress professionnel et une satisfaction plus faible, au travail comme dans leur vie. L'article est paru en ligne en décembre 2024.
- D'après l'enquête internationale Piaac 2023, analysée par la Dares et la DEPP en décembre 2024, 28 % des adultes de 16 à 65 ans vivant en France métropolitaine ont une faible maîtrise de la littératie, c'est-à-dire de la compréhension et de l'usage des textes écrits. Ils comprennent le vocabulaire courant et repèrent une information simple dans un texte court. Ils sont en difficulté dès que le texte s'allonge.
Quand le flux de messages dépasse ce qu'une personne peut traiter, on parle de surcharge informationnelle, ou d'infobésité. Une partie de cette charge relève de l'organisation : listes de diffusion, outils, habitudes d'équipe. Une autre dépend de la personne qui écrit. La formation travaille cette seconde part : la place du message principal, la demande, les destinataires, la longueur et le ton. Elle concerne quiconque travaille beaucoup par écrit, qu'il encadre une équipe ou non.
Les signes qu'une équipe a besoin de revoir ses écrits
Le besoin se voit dans les boîtes de réception et dans ce qui se passe après l'envoi :
- des mails relancés deux ou trois fois, parce que la demande se trouvait au quatrième paragraphe ;
- des fils de quinze réponses, tout le monde en copie, où plus personne ne sait ce qui a été décidé ;
- des comptes rendus envoyés une semaine après la réunion, que les absents ne lisent pas ;
- des clients ou des usagers qui téléphonent pour se faire expliquer un courrier ;
- une réponse rédigée dans l'énervement, qui transforme une réclamation en conflit.
Tout part d'un échange avec le commanditaire de la formation : contexte, écrits qui posent problème, lecteurs à toucher. Chaque participant envoie ensuite trois écrits récents, rendus anonymes. Le formateur bâtit les exercices avec ce matériau, et chacun retravaille ses propres textes pendant les deux jours.
Quand la difficulté tient au volume de messages reçus plus qu'à ceux que l'on rédige, le programme sur le temps et les priorités s'occupe du tri de la boîte de réception et des plages de travail protégées.
Placer le message principal en tête
Le lecteur d'un mail ou d'une note cherche d'abord deux réponses : de quoi s'agit-il, et qu'attend-on de moi ? Le principe pyramidal, que Barbara Minto a élaboré chez McKinsey de 1963 à 1973, place cette réponse au début du texte. Les raisons viennent ensuite, et les faits qui les étayent en dernier. Mathias Nizan, qui a fondé Movea, explique la méthode et son introduction en quatre temps dans un article sur la pyramide de Minto.
La DITP donne une consigne proche aux agents publics dans sa fiche de juin 2022 sur les réponses aux usagers : présenter en premier le message clé, et terminer par ce que la personne doit faire. Pour vérifier un texte, une question suffit : si le lecteur ne retient qu'une phrase, laquelle sera-t-elle ?
Exemple fictif. Sylvain dirige un entrepôt et doit prévenir l'équipe commerciale d'un retard de livraisons. Sa première version suit l'ordre des événements.
Objet : Point transport
Bonjour à tous,
Lundi, le transporteur a signalé une panne sur deux de ses camions. Mardi, il a cherché des véhicules de remplacement et n'en a trouvé aucun pour le secteur sud. Les livraisons de la semaine prochaine risquent d'en souffrir, surtout dans le Var et les Alpes-Maritimes. Je vous tiens au courant.
La version retravaillée ouvre sur la nouvelle et sur l'action attendue.
Objet : Var et Alpes-Maritimes, livraisons du 10 au 13 décalées au 14, clients à prévenir avant vendredi
Bonjour à tous,
Les livraisons prévues dans le Var et les Alpes-Maritimes du 10 au 13 partiront le 14. Merci de prévenir les clients concernés avant vendredi midi : la liste des commandes est jointe.
La cause : deux camions du transporteur sont en panne, et aucun véhicule de remplacement n'est libre pour ce secteur. Les autres départements ne sont pas touchés.
Sylvain
Un commercial pressé sait, en lisant l'objet, s'il est concerné. Les deux premières phrases lui donnent la nouvelle et ce qu'il doit faire. La cause arrive ensuite, pour ceux qui veulent la connaître.
Le mail : objet, demande, destinataires, moment d'envoi
Un objet qui annonce l'action. La fiche de la DITP le dit en une ligne : l'objet du courrier ou du courriel est le premier élément lu, il doit donc être court, informatif et compréhensible. « Devis de maintenance à valider avant le 15 » en dit plus que « Devis ».
Un texte court. Todd Rogers et Jessica Lasky-Fink, chercheurs à Harvard, ont adressé deux versions d'un même mail à 7 002 élus de conseils scolaires américains, pour les inviter à remplir un questionnaire d'environ cinq minutes. La version longue comptait 127 mots, la version courte 49. La courte a obtenu 4,8 % de réponses, la longue 2,7 %. Les deux chercheurs racontent cette expérience dans leur livre Writing for Busy Readers, paru en 2023.
Une demande par message. Dans un entretien à la Harvard Gazette, en octobre 2023, Todd Rogers résume une autre de leurs observations : plus un message demande d'actions, moins le lecteur a de chances d'accomplir chacune d'elles. La demande s'écrit donc une fois, avec un nom et une date : « Chloé, peux-tu me confirmer le budget d'ici jeudi 17 h ? ». Deux sujets sans rapport partent dans deux mails, chacun avec son objet.
Les bons destinataires. Le champ À désigne les personnes qui doivent agir, la copie celles qui ont besoin de suivre l'échange pour leur propre travail. L'étude de Bochum et de Kassel citée plus haut comporte un second volet, mené auprès de 257 adultes. Dans ce volet, la charge ressentie était liée aux seuls mails reçus pour informer ou coordonner : lettres internes, informations générales, prises de rendez-vous. Les auteurs conseillent de diffuser l'information sans enjeu immédiat par d'autres canaux, comme l'intranet. Quand un fil dépasse trois allers-retours sans progrès, un appel de cinq minutes règle souvent la question, et un mail court en garde la trace.
Le bon moment. En 2021, Laura Giurge et Vanessa Bohns ont conduit huit expériences auprès de 4 004 participants. Devant un mail non urgent reçu le soir ou le week-end, le destinataire surestime la vitesse de réponse que l'expéditeur attend, et ce décalage augmente son stress. Une courte mention ajoutée par l'expéditeur, du type « pas de réponse attendue avant lundi », réduit l'écart. L'article L2242-17 du Code du travail fait du droit à la déconnexion l'un des sujets de la négociation annuelle d'entreprise. Faute d'accord, l'employeur établit une charte, soumise à l'avis du CSE. L'envoi différé, présent dans la plupart des messageries, aide à tenir ces règles.
Avant d'envoyer, cinq vérifications prennent moins d'une minute :
| Point à vérifier | Question à se poser |
|---|---|
| Objet | Le lecteur sait-il de quoi il s'agit et ce qu'on attend de lui ? |
| Première phrase | Contient-elle la nouvelle ou la demande ? |
| Demande | Est-elle unique, adressée à une personne nommée, avec une date ? |
| Destinataires | Chaque personne en copie a-t-elle besoin de ce message ? |
| Pièces jointes et liens | Sont-ils présents, à jour et cités dans le texte ? |
Comptes rendus et notes : écrire pour la personne absente
Un compte rendu sert d'abord aux personnes absentes de la réunion, et aux présents trois mois plus tard. Il s'ouvre sur les décisions et les actions, chacune avec son responsable et sa date limite. Viennent ensuite les points restés ouverts, puis un résumé des échanges qui éclairent les décisions. Un compte rendu qui suit l'ordre chronologique de la séance oblige le lecteur à chercher lui-même ce qui a été décidé.
Le programme sur l'animation de réunion entraîne la conduite de la séance et la prise de notes en direct. Ici, l'exercice porte sur la rédaction après coup : trier, résumer, rendre le texte lisible par quelqu'un qui n'était pas là.
La note de synthèse obéit à la même logique. Exemple fictif : Chloé, chargée de mission RH dans une PME, veut obtenir de la direction le choix d'un logiciel pour les congés. Sa note tient sur une page.
| Partie de la note | Ce qu'elle contient | Dans la note de Chloé |
|---|---|---|
| Décision demandée | Une phrase, avec la date limite | Choisir le logiciel des congés avant le 30 novembre |
| Contexte | Deux ou trois faits admis par tous | Les demandes passent par un tableur partagé, et les soldes comportent des erreurs |
| Options | Deux ou trois choix, avec leur coût et leur délai | Module du logiciel de paie actuel, outil spécialisé, maintien du tableur |
| Recommandation | L'option retenue et sa raison principale | Le module de paie : aucune double saisie, mise en service possible en janvier |
| Suite | Qui fait quoi après la décision | Chloé lance le paramétrage avec l'éditeur dès l'accord |
Les intitulés restent visibles dans la note. Un membre du comité qui lit la première ligne et la recommandation peut déjà trancher.
Le ton juste : refuser, relancer, répondre à une réclamation
Un mail se lit sans le visage ni la voix de son auteur. En 2010, le Journal of Applied Psychology a fait paraître une expérience de Jeremy Vignovic et Lori Foster Thompson sur la façon dont un destinataire juge l'expéditeur d'un mail. Les fautes d'orthographe et de grammaire donnaient une image négative de l'auteur. Un message bref, sans aucune formule d'échange, produisait le même effet.
Le registre compte aussi. En 2023, Elizabeth Linos et quatre collègues ont comparé des courriers administratifs formels et informels, dans trois études en ligne et trois expériences de terrain, soit 67 632 personnes au total (Nature Human Behaviour). Les courriers formels obtenaient plus souvent l'action demandée. Leurs destinataires jugeaient l'expéditeur plus compétent et plus digne de confiance, et la demande plus importante, pour une compréhension identique. Pour une demande qui engage, un style sobre et soigné fonctionne mieux qu'un ton familier, à condition que les phrases restent simples.
Trois écrits délicats reviennent dans presque toutes les équipes. Chacun a son ordre :
| Écrit | Ce qui vient en premier | Ce qui suit | Première phrase possible |
|---|---|---|---|
| Refus | La réponse | La raison en une phrase, puis une solution de remplacement quand elle existe | « Je ne pourrai pas reprendre le dossier fournisseurs avant le 15. » |
| Relance | Le rappel du premier message et de sa date | La demande reformulée et une nouvelle échéance | « Je reviens vers vous au sujet de mon message du 3 mars sur le devis de maintenance. » |
| Réponse à une réclamation | La reconnaissance du problème | Ce qui sera fait, par qui et pour quand, puis un interlocuteur joignable | « Votre commande du 2 octobre vous est parvenue incomplète, et je vous présente mes excuses pour ce désagrément. » |
Exemple fictif. Un client écrit à Sylvain que deux colis sur cinq manquent à sa livraison. La réponse de Sylvain tient en quatre phrases : il reconnaît l'erreur, annonce l'envoi des deux colis le lendemain matin avec leur numéro de suivi, précise que ce second envoi ne lui coûtera rien, puis donne son numéro de ligne directe. Il retire de son brouillon le paragraphe sur la panne du logiciel d'expédition, qui expliquait l'erreur et n'apportait rien au client.
Une réponse écrite dans l'agacement se relit après une pause, et si possible le lendemain. Mathias Nizan, fondateur de Movea, décortique un mail envoyé à chaud entre la logistique et le service commercial dans un texte sur l'OSBD appliquée au travail. Pour un refus adressé à sa hiérarchie, elle compare quatre manières de refuser une demande de son manager. Pour une réclamation envers un prestataire, la méthode DESC fournit une trame : décrire les faits, exprimer leur effet, spécifier la demande, annoncer les conséquences.
Lisibilité : les repères du langage clair
Le langage clair est une manière d'écrire qui permet au lecteur visé de trouver l'information utile, de la comprendre et de s'en servir dès la première lecture. Une norme internationale, l'ISO 24495-1, en fixe les principes depuis juin 2023. La DITP l'a présentée aux administrations lors d'un webinaire, en avril 2024. La norme repose sur quatre principes : le lecteur trouve facilement ce qu'il cherche, obtient l'information dont il a besoin, la comprend sans effort et peut s'en servir.
La fiche de la DITP sur les réponses aux usagers en tire des règles pratiques, que la formation applique aux écrits d'entreprise :
- une douzaine de mots par phrase en moyenne, et deux phrases courtes plutôt qu'une longue ;
- la forme active, dans l'ordre sujet, verbe, complément ;
- une idée par paragraphe ;
- des listes à puces pour les énumérations ;
- les détails techniques et les textes de référence en annexe ou derrière un lien.
Le choix des mots pèse autant que la longueur des phrases. Le Lexique administratif, réalisé par les Dictionnaires Le Robert pour le Comité d'orientation pour la simplification du langage administratif (COSLA), propose des équivalents courants : « malgré » à la place de « nonobstant », « ce » à la place de « ledit », « le contrôle technique du véhicule » à la place de « le contrôle technique afférent au véhicule ». En entreprise, les sigles internes et le jargon d'un métier posent le même problème au lecteur d'un autre service.
Ces repères servent d'autant plus que le lecteur maîtrise mal l'écrit. Le résultat de l'enquête Piaac cité plus haut rappelle que plus d'un adulte sur quatre peine devant un texte long, qu'il soit salarié, client ou usager. Le langage clair se distingue du FALC, le facile à lire et à comprendre, qui suit des règles plus strictes pour les personnes qui maîtrisent mal le français ou vivent avec un handicap intellectuel.
Orthographe et relecture, en bref
Une faute d'orthographe pèse sur l'image de celui qui écrit. L'étude de 2010 citée plus haut l'a observé sur des mails : les participants se faisaient une image plus négative de l'expéditeur quand son message contenait des fautes. L'expérience mesurait notamment la rigueur, l'intelligence et la fiabilité qu'ils lui prêtaient. La formation y consacre une séquence courte, centrée sur une relecture en trois passages :
- Le sens : relire en se mettant à la place du destinataire, en partant de l'objet et de la première phrase.
- Les vérifications : destinataires, pièces jointes, dates, chiffres, noms propres.
- La langue : accords, homophones, ponctuation, avec le correcteur de la messagerie, puis un dictionnaire en cas de doute.
Pour un écrit important, la lecture à voix haute fait entendre les phrases trop longues et les mots oubliés.
L'IA générative dans les écrits : un brouillon à vérifier
L'usage gagne les entreprises. Selon l'Insee, 18 % des entreprises de 10 salariés ou plus déclaraient en 2025 utiliser au moins une technologie d'intelligence artificielle, contre 6 % en 2023. Parmi elles, 43 % se servent d'outils d'IA générative de texte ou de parole (Insee Première, juillet 2026).
La formation traite l'IA générative comme un outil de premier jet. Quatre règles encadrent son usage en session :
- l'auteur relit chaque phrase et reste responsable de ce qu'il envoie ;
- faits, chiffres, dates et noms se vérifient à la source, car l'outil peut en inventer ;
- aucune donnée personnelle ou confidentielle ne part dans un outil que l'entreprise n'a pas autorisé ;
- à la relecture, les formules creuses et les tournures répétitives disparaissent, et le message retrouve la voix de son auteur.
Le travail porte toujours sur le jugement de la personne qui écrit : savoir ce qu'elle veut obtenir, puis vérifier que le texte le dit.
Écrits professionnels, communication interpersonnelle, prise de parole ou réunions : quelle formation choisir ?
Ces quatre programmes cherchent la clarté d'un message. Ils diffèrent par la situation : un texte lu seul, un échange en direct, un oral devant un public, un groupe à mener jusqu'à une décision.
| Écrits professionnels | Communication interpersonnelle | Prise de parole en public | Animer des réunions | |
|---|---|---|---|---|
| Situation de départ | Des mails relancés, des comptes rendus que personne ne lit, des réponses écrites qui tendent la relation | Des consignes mal comprises à l'oral, des malentendus qui reviennent entre collègues | Un comité, une soutenance ou une conférence à préparer | Des réunions qui débordent et s'achèvent sans décision |
| Objectif principal | Structurer un écrit, formuler la demande, trouver le ton, rendre le texte lisible | Écouter, reformuler, adapter ce qu'on dit à la personne en face | Construire son propos, poser sa voix, gérer le trac | Préparer la séance, distribuer la parole, conclure par une décision suivie |
| Public type | Managers, assistants, chefs de projet, équipes support et relation client | Managers, RH, commerciaux, conseillers en relation client | Cadres, dirigeants, commerciaux, experts | Animateurs de comités, chefs de projet, managers d'équipe |
| Fiche | Cette page | Communication interpersonnelle | Prise de parole en public | Animer des réunions |
Partez du support qui pose problème. Si les malentendus naissent dans les messages et les documents, choisissez cette formation. S'ils naissent dans les conversations, la communication interpersonnelle répond mieux. Pour préparer un oral important, le programme prise de parole convient.
Organisation : cadrage, deux jours d'atelier, point à trois mois
La session accueille au plus douze salariés de votre entreprise. Le formateur vient chez vous, dans toute la France, ou conduit les deux jours en classe virtuelle ; les exercices se font alors dans la messagerie et les outils habituels des participants. Pour une seule personne, le programme se suit aussi en coaching individuel.
Au premier jour, chacun réécrit ses propres mails : message principal, objet, demande, destinataires. Au second, il reprend un compte rendu ou une note, puis un écrit délicat, avant la séquence sur le langage clair et la relecture. Les textes passent de main en main pour une relecture croisée en binôme. Un questionnaire de fin de session vérifie ce que chacun a retenu et recueille son appréciation. Au bout d'un trimestre, Movea revient vers chaque participant pour faire le point sur ses écrits : objet, première phrase, longueur, réponses obtenues.
Prix et prise en charge de la formation écrits professionnels
Pour les deux journées, Movea facture 3 960 € HT au groupe de douze personnes au plus, soit 1 980 € HT la journée.
L'OPCO de votre branche peut financer les frais pédagogiques, en partie ou en totalité. Ses crédits du plan de développement des compétences sont réservés aux employeurs de moins de 50 salariés. Une entreprise plus grande inscrit la session à son propre budget. Une formation intra ne se finance pas par le CPF.
Certifié Qualiopi pour ses actions de formation, Movea constitue le dossier de prise en charge avec votre équipe RH : convention, programme jour par jour, justificatifs attendus par l'OPCO. Le catalogue des formations Movea présente les autres thèmes, et le dossier Movea sur la communication interpersonnelle revient sur les canaux d'un message. Vous trouverez en bas de page les références de cette fiche : études parues dans Frontiers in Psychology, Information & Management, Organizational Behavior and Human Decision Processes, Nature Human Behaviour et le Journal of Applied Psychology, travaux de Todd Rogers et Jessica Lasky-Fink, enquête Piaac exploitée par la Dares et la DEPP, Insee, fiche, webinaire et lexique diffusés par la DITP, norme ISO 24495-1, Code du travail.
Sources et références
- Marcel Kern, Sandra Ohly, Lenka Ďuranová, Juliane Friedrichs (Ruhr-Universität Bochum, université de Kassel), Frontiers in Psychology, vol. 15 (2024)
- Ludivine Martin, Chantal Fuhrer, Nicolas Poussing (LISER), Information & Management, vol. 62, n° 2 (2025)
- Dares (Dares Analyses n° 73) et DEPP, enquête Piaac 2023 (OCDE, Dares, DEPP, Insee) (2024)
- Todd Rogers et Jessica Lasky-Fink (Harvard), extrait de Writing for Busy Readers, Dutton, publié par Behavioral Scientist (2023)
- Harvard Gazette, entretien avec Todd Rogers et Jessica Lasky-Fink (2023)
- Laura M. Giurge, Vanessa K. Bohns, Organizational Behavior and Human Decision Processes, vol. 167 (2021)
- Elizabeth Linos, Jessica Lasky-Fink, Chris Larkin, Lindsay Moore, Elspeth Kirkman, Nature Human Behaviour, vol. 8, n° 2 (2024)
- Jeremy A. Vignovic, Lori Foster Thompson, Journal of Applied Psychology, vol. 95, n° 2 (2010)
- Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) (2022)
- DITP, avec la DGLFLF, l'université Sorbonne-Nouvelle, l'Afnor et le Parlement européen (2024)
- Organisation internationale de normalisation (ISO) (2023)
- Comité d'orientation pour la simplification du langage administratif (COSLA), Dictionnaires Le Robert, diffusé par la DITP (2004)
- Insee, Insee Première n° 2120 (Clément Lefebvre) (2026)
- Code du travail numérique, ministère du Travail