Formation Conduite des Entretiens Annuels et Professionnels
L'entretien annuel d'évaluation est un rendez-vous entre un manager et un collaborateur pour dresser le bilan de l'année et décider des objectifs à venir. Aucune loi ne l'impose. L'entretien de parcours professionnel est obligatoire. Ce nom remplace celui d'entretien professionnel depuis la loi du 24 octobre 2025. L'article L6315-1 du Code du travail le prévoit dans l'année de l'embauche puis tous les quatre ans. Movea forme managers et RH à conduire ces deux entretiens en deux jours de 7 heures, en intra, sur site ou en visio : préparer, écouter, évaluer sur des faits, fixer des objectifs, recevoir un désaccord et décider des suites.
Animée par un formateur du réseau Movea · Mise à jour le
L'essentiel
- La formation sépare deux rendez-vous : l'entretien annuel d'évaluation, que l'employeur décide de mettre en place, et l'entretien de parcours professionnel, imposé par l'article L6315-1 du Code du travail et réformé par la loi du 24 octobre 2025.
- Le premier jour porte sur le cadre légal, la préparation et l'évaluation à partir de faits datés. Le second porte sur l'écoute, les objectifs, le désaccord, les entretiens difficiles et le compte rendu.
- Les jeux de rôle partent des entretiens que chaque manager doit mener cette année, recueillis au cadrage, et de la grille d'entretien de votre entreprise quand elle existe.
- La session accueille jusqu'à douze managers ou RH, sur site ou en classe virtuelle, et coûte 3 960 € HT pour le groupe (deux journées à 1 980 € HT). Un manager seul peut travailler ses entretiens en coaching individuel, facturé lui aussi 1 980 € HT la journée. L'OPCO finance parfois la session, selon la branche et l'effectif.
- Un formateur du réseau Movea spécialisé dans les entretiens managériaux anime les deux journées ; son nom vous est communiqué une fois le cadrage bouclé.
Le déroulé pédagogique
Jour 1 : cadre légal, préparation et évaluation sur des faits
- Module 1Deux entretiens, deux finalités
Le groupe compare l'entretien annuel d'évaluation et l'entretien de parcours professionnel : base légale, rythme, sujets abordés, document remis au salarié. Le module intègre la loi du 24 octobre 2025 : entretien dans l'année de l'embauche, rythme de quatre ans, état des lieux à huit ans, rendez-vous de mi-carrière et avant 60 ans. Chaque participant situe la grille de son entreprise dans ce cadre.
- Module 2Préparer des deux côtés de la table
Les participants remplissent leur fiche de préparation : faits marquants de la période, objectifs de l'an passé et résultats obtenus, questions à poser, messages à faire passer. Ils rédigent aussi la convocation et le guide remis au collaborateur, pour qu'il arrive avec ses propres exemples.
- Module 3Évaluer sur des faits, repérer ses biais
Le module part de l'arrêt de la Cour de cassation du 15 octobre 2025, qui exige des critères précis, objectifs et pertinents. Les participants réécrivent des appréciations vagues tirées de vrais comptes rendus, puis repèrent l'effet de halo décrit par Edward Thorndike en 1920 et le poids excessif des dernières semaines.
Jour 2 : écoute, objectifs, désaccord et suites
- Module 1Écouter, puis fixer des objectifs
En binôme, chacun ouvre l'entretien par une question sur l'année vécue, laisse parler, reformule, puis construit avec son interlocuteur deux ou trois objectifs mesurables et datés. Le groupe vérifie pour chaque objectif ce qui dépend vraiment du collaborateur et les moyens à prévoir.
- Module 2Désaccords et entretiens difficiles
Le formateur rejoue les situations du cadrage : appréciation contestée, augmentation refusée, insuffisance qui dure, salarié qui va mal, retour après une longue absence. Les participants s'entraînent à laisser le désaccord s'exprimer, à demander les faits de l'autre, puis à maintenir ou corriger leur appréciation.
- Module 3Compte rendu et suites à donner
Le dernier module traite de l'écrit : compte rendu de l'entretien annuel, document remis après l'entretien de parcours professionnel, besoins de formation transmis aux RH, dates de point. Chaque participant repart avec sa trame d'entretien, et Movea revient vers lui trois mois plus tard.
Objectifs pédagogiques
- Distinguer l'entretien annuel d'évaluation et l'entretien de parcours professionnel : base légale, rythme, sujets, document écrit
- Préparer un entretien à partir de faits datés notés sur toute la période
- Ouvrir l'échange par des questions ouvertes et reformuler ce que dit le collaborateur
- Formuler une appréciation sur des critères précis et observables, en repérant l'effet de halo
- Construire avec le collaborateur deux ou trois objectifs mesurables et datés, avec les moyens prévus
- Écouter un désaccord jusqu'au bout, puis maintenir ou corriger son appréciation selon les faits et noter les suites
Public et prérequis
- Managers de proximité qui préparent leur première campagne d'entretiens
- Cadres et chefs de service qui conduisent chaque année une dizaine d'entretiens ou davantage
- Responsables et chargés RH qui organisent les campagnes et outillent les managers
- Dirigeants de PME qui mènent eux-mêmes les entretiens de parcours professionnel
Conditions pratiques et tarif
| Durée | 2 jours, 14 heures |
|---|---|
| Programme | Jour 1 : cadre légal, préparation et évaluation sur des faits ; Jour 2 : écoute, objectifs, désaccord et suites |
| Format | entretiens annuels et professionnels en intra : vos locaux ou la visio, 12 personnes au plus |
| Prérequis | Aucun prérequis. Au cadrage, chaque participant décrit un ou deux entretiens qu'il doit mener dans l'année : un collaborateur qui attend une évolution, une année compliquée, un désaccord prévisible. Apportez si possible la grille d'entretien de votre entreprise. Si un participant vit avec un handicap, signalez-le à Movea avant la session : les exercices seront adaptés. |
| Animation | Formateur du réseau Movea, désigné au cadrage |
| Tarif | 3 960 € HT les deux jours (1 980 € HT par jour) |
| Objectif | Distinguer l'entretien annuel d'évaluation et l'entretien de parcours professionnel : base légale, rythme, sujets, document écrit |
| Financement | OPCO selon la branche, ou budget formation |
| Format individuel | Coaching one to one en entretiens annuels et professionnels, même tarif journalier, durée à la carte |
Qui anime cette formation
Les deux journées sont confiées à un formateur du réseau Movea rompu à la conduite des entretiens individuels. Le choix se fait au cadrage, selon la composition du groupe : managers de proximité qui découvrent l'exercice, cadres qui mènent une dizaine d'entretiens par campagne, équipe RH qui accompagne ses managers. Il travaille avec votre grille d'entretien et vos modèles de compte rendu. Pendant chaque jeu de rôle, un participant observe avec une grille : questions posées, faits cités, objectifs formulés, suites notées. Le débriefing part de ces notes.
Formateurs du réseau Movea
4,8/5
Moyenne Movea, toutes formations confondues
Questions fréquentes
Quelle différence entre l'entretien annuel et l'entretien professionnel ?
L'entretien annuel d'évaluation est-il obligatoire ?
À quel rythme l'entretien de parcours professionnel est-il obligatoire en 2026 ?
Que risque l'employeur qui ne fait pas les entretiens de parcours professionnel ?
Que prévoit la loi pour l'entretien de mi-carrière et l'entretien avant 60 ans ?
Sur quels critères un manager peut-il évaluer un collaborateur ?
Un salarié peut-il refuser l'entretien annuel ou contester son compte rendu ?
Peut-on mener l'entretien annuel et l'entretien de parcours professionnel le même jour ?
Combien de temps dure la formation et quand la programmer ?
Qui anime la formation entretiens annuels ?
Combien coûte la formation entretiens annuels, et qui peut la payer ?
Peut-on préparer ses entretiens en coaching individuel ?
Les participants peuvent-ils utiliser leur CPF pour cette session ?
Comment Movea mesure-t-il les acquis ?
Entretien annuel et entretien professionnel : deux rendez-vous distincts
L'entretien annuel d'évaluation est un échange entre un manager et un collaborateur qui fait le bilan de l'année écoulée et fixe les objectifs de la période suivante. Depuis octobre 2025, l'entretien professionnel s'appelle entretien de parcours professionnel. Il porte sur les compétences, la formation et l'évolution du salarié. Le premier dépend d'une décision de l'employeur. Le second est une obligation de l'article L6315-1 du Code du travail.
Trois enquêtes récentes montrent ce qui se joue dans ces rendez-vous :
- En novembre 2024, l'Apec a publié une étude sur les attentes des cadres envers leur manager. D'après son enquête mensuelle de février 2024, 3 cadres sur 10 disent ne pas avoir eu de retour clair sur leur travail lors de leur dernier entretien annuel.
- L'Ifop a interrogé 4 800 salariés pour le baromètre territorial de l'évolution professionnelle d'Avenir Actifs, publié le 9 octobre 2026. 72 % d'entre eux disent avoir eu un entretien professionnel au cours des 24 derniers mois. L'Ifop invite à lire ce chiffre avec prudence, car une partie des répondants a pu le confondre avec l'entretien d'évaluation.
- Aux États-Unis, Gallup et Workhuman ont interrogé 4 439 salariés en avril 2024. D'après leurs résultats, publiés en octobre 2024, seul un salarié sur quatre se dit tout à fait d'accord avec l'idée qu'il reçoit des retours utiles des personnes avec qui il travaille. Ceux-là ont cinq fois plus de chances d'être engagés dans leur travail.
Une campagne d'entretiens bien menée donne au collaborateur un retour précis, des objectifs clairs et une discussion sur son avenir. Une campagne bâclée laisse une grille remplie et un collaborateur qui n'a rien appris. La formation Movea entraîne les managers à conduire les deux entretiens, chacun avec son objet.
Ce que dit la loi en 2026
Le tableau ci-dessous résume le cadre en vigueur au 21 octobre 2026.
| Entretien annuel d'évaluation | Entretien de parcours professionnel | |
|---|---|---|
| Base | Pouvoir de direction de l'employeur, convention collective le cas échéant | Article L6315-1 du Code du travail |
| Obligatoire ? | Non, sauf convention collective ou accord qui l'impose | Oui, quelle que soit la taille de l'entreprise |
| Rythme | En principe chaque année, au choix de l'employeur | Dans l'année de l'embauche, puis tous les quatre ans ; état des lieux tous les huit ans |
| Sujets | Missions de l'année, résultats, difficultés, objectifs et moyens pour la suite | Compétences, qualifications, parcours, besoins de formation, souhaits d'évolution |
| Évaluation du travail | Oui, sur des critères précis, objectifs et pertinents | Exclue par la loi |
| Écrit | Compte rendu, résultats confidentiels | Document écrit, copie remise au salarié |
| Risque pour l'employeur | Méthode jugée illicite si les critères sont flous | Dans une entreprise d'au moins 50 salariés, 3 000 € versés sur le compte formation du salarié si les entretiens ou la formation ont manqué sur huit ans |
L'entretien de parcours professionnel depuis la loi du 24 octobre 2025. La loi n° 2025-989 a renommé l'entretien et allongé son rythme. L'employeur l'organise. Un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction le conduit, pendant le temps de travail. L'entretien aborde cinq sujets fixés par l'article L6315-1 : les compétences et les qualifications mobilisées, le parcours au regard de l'évolution des métiers, les besoins de formation, les souhaits d'évolution (reconversion, bilan de compétences, validation des acquis de l'expérience), puis l'activation du compte personnel de formation, les abondements que l'employeur peut financer et le conseil en évolution professionnelle.
Tous les huit ans, l'entretien dresse un état des lieux du parcours. Il vérifie que le salarié a eu ses entretiens, et regarde s'il a suivi au moins une formation, obtenu des éléments de certification et connu une progression de salaire ou de poste. Le ministère du Travail précise les règles de passage. Le délai de quatre ans court depuis le dernier entretien réalisé, et l'état des lieux prévu à six ans se fait désormais à huit ans. Un accord d'entreprise ou de branche peut garder un rythme plus court, par exemple deux ans. Un accord qui prévoyait plus de quatre ans devient caduc sur ce point au 1er octobre 2026.
Le texte prévoit aussi des entretiens à des moments précis. Les deux premiers ont été créés par la loi de 2025 :
- un entretien dans les deux mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière, organisée l'année des 45 ans du salarié quand aucun accord de branche ne fixe une autre échéance. On y parle de l'aménagement du poste, de l'usure professionnelle, de la formation et des souhaits de mobilité. L'employeur n'a pas accès aux données de santé ;
- un entretien dans les deux années qui précèdent les 60 ans, qui ajoute le maintien dans l'emploi et les aménagements de fin de carrière, dont le temps partiel et la retraite progressive ;
- un entretien au retour d'un congé maternité, d'un congé parental d'éducation, d'un arrêt longue maladie, d'un congé de proche aidant ou d'un congé sabbatique, entre autres, si le salarié n'en a eu aucun dans les douze mois précédents.
L'entretien annuel d'évaluation. Selon la fiche Service-Public vérifiée le 26 juin 2025, l'employeur peut organiser des entretiens d'évaluation, sans y être obligé. Une fois le dispositif en place, tous les salariés en bénéficient, et le CSE est consulté avant la mise en place dans les entreprises de 50 salariés et plus. Le Code du travail encadre la méthode. Les informations demandées doivent avoir un lien direct et nécessaire avec les aptitudes professionnelles (article L1222-2). Le salarié est informé des méthodes avant leur mise en œuvre, et les résultats restent confidentiels (article L1222-3).
Le 15 octobre 2025, la chambre sociale de la Cour de cassation a jugé que la méthode d'évaluation « doit reposer sur des critères précis, objectifs et pertinents au regard de la finalité poursuivie » (pourvoi n° 22-20.716). La grille en cause notait notamment l'optimisme, l'honnêteté et le bon sens des salariés. Les juges ont confirmé qu'elle ne pouvait plus servir.
Un dernier cas concerne les salariés en forfait jours. Quand l'accord collectif ne prévoit pas de modalités de suivi, l'article L3121-65 impose un entretien annuel sur la charge de travail, l'organisation du travail, l'articulation avec la vie personnelle et la rémunération.
Movea forme à la conduite des entretiens. Pour interpréter un accord de branche ou trancher un litige, adressez-vous à votre juriste ou aux services régionaux du ministère du Travail.
Quand former vos managers : les signaux côté entreprise
Le besoin se repère dans les comptes rendus et dans les retours des salariés. Quelques situations reviennent :
- une campagne d'entretiens approche, et les managers la vivent comme un formulaire RH à boucler avant la fin du mois ;
- les comptes rendus alignent des formules générales (« bon élément », « doit s'impliquer davantage ») sans un seul fait daté ;
- l'entretien de parcours professionnel est fondu dans l'évaluation, ou n'a jamais été tenu pour une partie des salariés ;
- un collaborateur découvre un reproche le jour de son entretien, plusieurs mois après les faits ;
- les entretiens se terminent sans objectif clair, et les besoins de formation exprimés n'arrivent jamais jusqu'au service RH.
Avant la session, Movea s'entretient avec la personne qui commande la formation : grille utilisée, calendrier de campagne, accords en vigueur. Chaque participant décrit ensuite un ou deux entretiens qu'il doit mener. Ces cas réels deviennent la matière des jeux de rôle.
Si le manager prend tout juste son premier poste, la formation nouveau manager couvre l'ensemble de son rôle. La formation entretiens annuels se concentre sur ces rendez-vous individuels.
Préparer l'entretien : des faits, une trame, une convocation
Un entretien se prépare des deux côtés. Selon Service-Public, l'employeur doit prévenir le salarié assez tôt pour qu'il ait le temps de se préparer, et une convocation écrite est préférable. En session, chaque participant rédige sa convocation et le guide remis au collaborateur, avec trois questions simples : ce qui a bien marché, ce qui a coincé, ce dont il a besoin pour l'année qui vient.
Côté manager, la préparation commence bien avant la campagne. Un carnet de faits tenu au fil des mois (date, situation, ce qui a été fait, effet produit) évite de juger une année entière sur ses dernières semaines. Le manager relit aussi les objectifs fixés l'an passé et les résultats obtenus.
La trame travaillée en formation suit cinq temps :
| Temps | Ce que fait le manager | Exemple de phrase |
|---|---|---|
| Ouverture | Annoncer le déroulé et la durée | « On a une heure. Vous commencez par votre regard sur l'année, je vous donne le mien ensuite. » |
| Bilan du collaborateur | Poser une question ouverte, laisser parler, reformuler | « Qu'est-ce qui vous a le plus occupé cette année ? » |
| Bilan du manager | Reprendre chaque objectif avec des faits | « Sur les délais, quatre dossiers sur six sont partis à la date prévue. » |
| Objectifs | Construire deux ou trois objectifs et leurs moyens | « De quoi auriez-vous besoin pour tenir les six l'an prochain ? » |
| Conclusion | Résumer, noter les désaccords, fixer une date de point | « Je reprends ce qu'on a décidé, et on refait le point fin mars. » |
L'entretien de parcours professionnel a sa propre trame, construite sur les cinq sujets de la loi. Si votre entreprise le tient le même jour que l'évaluation, annoncez le changement de sujet et utilisez deux documents.
Évaluer sur des faits et repérer ses biais
Une appréciation tient quand le collaborateur peut la relier à des situations précises. La Cour de cassation l'exige désormais. En session, les participants réécrivent des formulations prises dans de vrais comptes rendus :
| Appréciation vague | Formulation à partir des faits |
|---|---|
| « Manque de rigueur » | « Trois des douze rapports mensuels sont partis après le 5, date convenue avec le client. » |
| « Très bon relationnel » | « Les deux comptes repris en mars ont renouvelé leur contrat, et l'un des clients vous a cité dans son courrier. » |
| « Doit être plus autonome » | « Sur les devis de moins de 5 000 €, vous m'avez demandé une validation à chaque fois, alors que la délégation vous permet de signer seul. » |
Deux biais faussent souvent le jugement. Le premier est l'effet de halo. En 1920, le psychologue Edward Thorndike a montré que des officiers qui notaient leurs soldats sur plusieurs qualités donnaient des notes trop liées entre elles, comme si une impression générale colorait chaque critère. Un collaborateur apprécié reçoit alors de bonnes notes partout, et un collaborateur qui agace en reçoit de mauvaises. Le second biais vient du calendrier : les dernières semaines pèsent plus que le reste de l'année. Le carnet de faits limite ces deux biais. L'article sur les biais cognitifs au travail en présente d'autres.
Pour formuler un retour, la méthode SBI du Center for Creative Leadership décrit la situation, le comportement observé, puis son impact. Le fondateur de Movea Mathias Nizan en donne neuf exemples dans son article sur le feedback constructif. Il rappelle aussi qu'un reproche gardé pour l'entretien annuel arrive trop tard. La formation pousse les managers à traiter les écarts dans la semaine, et à réserver l'entretien annuel au bilan.
Écouter, puis fixer des objectifs
Le collaborateur parle en premier. Une question ouverte sur l'année l'invite à donner sa version avant d'entendre celle du manager. Le manager reformule ce qu'il a compris, puis enchaîne. Pour travailler ces gestes en profondeur, la formation écoute active leur consacre une journée entière.
Les objectifs se construisent ensuite à deux. En 2006, les psychologues Edwin Locke et Gary Latham ont publié une synthèse de leur théorie de la fixation d'objectifs, centrée sur l'efficacité des objectifs précis et difficiles. Selon cette synthèse, l'effet se vérifie que l'objectif soit choisi par la personne, fixé à plusieurs ou assigné. La méthode SMART sert de liste de contrôle, et l'article sur les objectifs SMART la détaille avec des exemples.
Un exemple tiré des exercices. Laurent, responsable d'agence, veut fixer un objectif à Sabrina, chargée de clientèle. Sa première version tient en trois mots : « améliorer la relation client ». Après l'exercice, l'objectif devient : rappeler sous 48 heures chaque client qui a laissé un message, du 1er février au 30 juin, avec un point mensuel sur le tableau de suivi. Sabrina demande en retour deux demi-journées par mois sans accueil au guichet pour traiter ses rappels. Laurent l'inscrit au compte rendu comme moyen associé à l'objectif.
Trois objectifs suffisent en général. Pour chacun, le groupe vérifie que le résultat dépend surtout du collaborateur, que la date est réaliste et que les moyens sont écrits.
Recevoir un désaccord et garder le fil
Un désaccord en entretien est une information. Le collaborateur conteste une appréciation, minimise un écart ou découvre une attente dont il n'avait pas conscience. La méthode entraînée en session suit quatre étapes :
- Laisser finir. Le manager écoute l'objection jusqu'au bout, sans préparer sa réponse pendant que l'autre parle.
- Reformuler et demander les faits. « Si je comprends bien, les trois rapports en retard dépendaient de chiffres qui arrivaient tard du service comptable. Vous avez les dates ? »
- Trancher sur les faits. Si les éléments apportés changent la lecture, le manager corrige son appréciation. Sinon, il la maintient et explique sur quoi elle repose.
- Écrire le désaccord. Le compte rendu note la position du collaborateur à côté de celle du manager. Le salarié peut refuser de signer, et le document reste valable.
Pour maintenir une appréciation contestée ou formuler une attente nette, les participants s'appuient sur la méthode DESC : décrire, exprimer, spécifier, conséquences. Dans son article, Mathias Nizan, fondateur de Movea, en donne des exemples au travail. Le groupe s'en sert pour préparer les messages que chacun redoute le plus.
Les entretiens difficiles travaillés en session
Le second jour, le formateur rejoue les entretiens que les managers ont décrits au cadrage. Les plus fréquents :
- L'augmentation ou la promotion qui ne viendra pas. Le manager l'annonce tôt dans l'entretien, explique les critères retenus et dit ce qui pourrait changer la décision l'an prochain.
- L'insuffisance qui dure. Un écart traité en cours d'année arrive à l'entretien sans surprise. Si rien n'a été dit avant, le manager le reconnaît, pose les faits et fixe un objectif de progrès avec un point rapproché.
- Le collaborateur qui va mal. Le manager décrit ce qu'il observe, écoute, puis oriente vers le médecin du travail ou les RH. Pour savoir quels changements de comportement doivent inquiéter, lisez l'article sur les signaux d'alerte du burn out.
- Le salarié en forfait jours dont la charge déborde. L'entretien sur la charge de travail débouche sur des décisions concrètes : priorités revues, tâches réparties, date de point.
- Le retour après une longue absence. Si aucun entretien de parcours professionnel n'a eu lieu dans les douze mois, il est dû. Le manager prépare alors la reprise de poste avec le salarié.
Après l'entretien : compte rendu et suites
Le compte rendu reprend les faits, les objectifs, les moyens et les désaccords. Après l'entretien de parcours professionnel, le document remis au salarié servira à l'état des lieux des huit ans : gardez une trace des formations suivies, des certifications obtenues et des évolutions de salaire ou de poste. Les besoins de formation exprimés partent vers les RH, qui les intègrent au plan de développement des compétences.
L'entretien annuel ne remplace pas les échanges de l'année. Gallup relève que les retours ont le plus de valeur quand ils arrivent vite et s'inscrivent dans des points réguliers. La formation propose un point trimestriel de vingt minutes sur les objectifs. L'entretien de l'année suivante en devient plus simple, car les faits ont déjà été discutés.
Entretiens annuels, écoute active, assertivité ou leadership : quelle formation choisir ?
Ces quatre formations touchent aux échanges entre un manager et ses collaborateurs. Celle-ci prépare les rendez-vous annuels et professionnels. L'écoute active travaille une compétence précise en une journée. L'assertivité aide à dire non et à tenir sa position. Le leadership couvre l'ensemble du rôle de manager.
| Entretiens annuels et professionnels, cette fiche | Écoute active | Affirmation de soi et assertivité | Leadership | |
|---|---|---|---|---|
| Situation de départ | Une campagne d'entretiens à mener, des comptes rendus vagues, des entretiens de parcours professionnel en retard | Des entretiens où le collaborateur ne dit pas l'essentiel | Un manager qui cède ou s'emporte quand il faut refuser ou contredire | Une équipe à conduire, un cap à fixer, une réorganisation à porter |
| Objectif principal | Respecter le cadre légal, évaluer sur des faits, fixer des objectifs, recevoir un désaccord | Questionner, reformuler, laisser des silences | Refuser, poser un désaccord avec DESC, tenir face à l'insistance | Connaître son style, donner une direction, recadrer, conduire le changement |
| Public type | Managers, cadres, RH, dirigeants de PME | Managers, RH, relation client | Managers qui recadrent, fonctions support, experts devenus managers | Nouveaux managers, cadres, dirigeants |
| Durée | 2 jours, 14 heures | 1 jour, 7 heures | 2 jours, 14 heures | 2 jours, 14 heures |
Le dossier Movea sur le leadership replace ces rendez-vous dans le quotidien du manager.
Organisation : un cadrage, deux jours de pratique, un retour à trois mois
Le groupe compte douze salariés de votre entreprise au maximum. Le formateur se déplace sur votre site, où qu'il se trouve en France, ou anime la session en visio. Réunir managers et RH dans la même salle aide à appliquer les mêmes règles pendant la campagne. Pour un dirigeant qui mène seul ses entretiens, le coaching individuel reprend ce contenu.
Le premier jour pose le cadre légal, la préparation et l'évaluation sur des faits. Le second fait pratiquer l'écoute, les objectifs, le désaccord et le compte rendu, sur les cas du groupe. Chaque participant repart avec sa trame d'entretien. Trois mois plus tard, Movea l'interroge sur les entretiens menés et sur ce qu'il a changé.
Financer la formation entretiens annuels
Pour le groupe entier, la formation revient à 3 960 € HT : deux journées facturées 1 980 € HT chacune.
L'OPCO de votre branche peut prendre en charge une partie ou la totalité des frais pédagogiques si votre entreprise compte moins de 50 salariés, seuil d'accès aux crédits du plan de développement des compétences. Le taux dépend de la branche. Au-dessus de ce seuil, la session passe sur le budget formation. Le CPF ne s'applique pas à une session intra. Dans les entreprises de moins de 300 salariés, l'article L6315-1 permet aussi à l'employeur de demander à son OPCO un conseil de proximité pour préparer les entretiens de parcours professionnel.
Les actions de formation de Movea sont certifiées Qualiopi. Movea prépare avec vous la demande de prise en charge et fournit la convention, le programme détaillé et les pièces Qualiopi. Les autres thématiques figurent au catalogue Movea. Les sources citées sur cette page (Code du travail, loi du 24 octobre 2025, ministère du Travail, Service-Public, Cour de cassation, Apec, Ifop pour Avenir Actifs, Gallup, Edwin Locke et Gary Latham, Edward Thorndike) sont listées en bas de page.
Sources et références
- Code du travail numérique, ministère du Travail (2025)
- Ministère du Travail, Code du travail numérique (2026)
- Légifrance, Journal officiel n° 0252 du 25 octobre 2025 (2025)
- Service-Public, Direction de l'information légale et administrative (2025)
- Légifrance, Cour de cassation (publié au bulletin) (2025)
- Code du travail numérique, ministère du Travail (2008)
- Code du travail numérique, ministère du Travail (2008)
- Code du travail numérique, ministère du Travail (2017)
- Code du travail numérique, ministère du Travail (2026)
- Code du travail numérique, ministère du Travail (2026)
- Apec (2024)
- Ifop pour Avenir Actifs (2026)
- Gallup et Workhuman (Andy Kemp) (2024)
- Edwin A. Locke et Gary P. Latham, Current Directions in Psychological Science, vol. 15, n° 5 (2006)
- Edward L. Thorndike, Journal of Applied Psychology, vol. 4, n° 1 (1920)