Formation Accompagner le Changement : manager une équipe en transformation
Accompagner le changement, pour un manager, consiste à aider son équipe à comprendre une transformation décidée, à s'y adapter et à la faire fonctionner au quotidien. La formation de Movea entraîne managers de proximité, chefs de service et dirigeants à annoncer le changement, à recevoir les objections, à faire participer l'équipe et à garder le lien jusqu'à l'installation des nouvelles pratiques. La session dure 14 heures sur deux jours, dans vos locaux ou à distance, avec au maximum douze managers d'une même entreprise, pour un prix de groupe de 3 960 € HT.
Animée par un formateur du réseau Movea · Mise à jour le
L'essentiel
- La formation porte sur la part humaine d'un changement décidé : réorganisation, fusion de services, nouvel outil, déménagement, arrivée d'une nouvelle direction. Le pilotage de projet et les logiciels de gestion du changement restent hors programme.
- Le premier jour, chaque manager prépare l'annonce du changement qu'il porte réellement et la répète devant le groupe, questions comprises. Le second jour, il s'entraîne à l'entretien qui suit l'annonce, à l'atelier avec son équipe et aux points de suivi.
- Les modèles de Kurt Lewin, de John Kotter et ADKAR servent de grilles de lecture. La courbe du changement, tirée des travaux d'Elisabeth Kübler-Ross sur la fin de vie, est présentée avec ses limites.
- Le groupe compte douze managers au plus, réunis 14 heures en deux jours dans vos locaux ou en visio, pour 3 960 € HT. Un dirigeant qui traverse seul une transformation peut travailler en coaching individuel, facturé 1 980 € HT par jour. Selon la branche et la taille de l'entreprise, l'OPCO prend en charge tout ou partie du coût.
- L'animation revient à un formateur du réseau Movea qui connaît les transformations d'équipe ; son nom vous est indiqué dès la fin du cadrage.
Le déroulé pédagogique
Jour 1 : Comprendre les réactions et préparer l'annonce
- Module 1Ce que le changement déplace dans une équipe
Chaque participant décrit le changement qu'il porte : ce qui bouge, les personnes touchées, ce qui disparaît et ce qui reste. Le groupe lit ces situations avec le modèle en trois temps attribué à Kurt Lewin, puis avec ADKAR, qui suit le parcours d'une personne de la prise de conscience à l'ancrage. Le manager repère où en est chacun de ses collaborateurs.
- Module 2La courbe du changement et ses limites
Le module présente la courbe du changement, transposée à l'entreprise à partir des cinq étapes qu'Elisabeth Kübler-Ross a décrites en 1969 chez des patients en fin de vie. Le groupe retient ce qu'elle apporte : le refus, la colère ou le découragement font partie des réactions attendues. Il retient aussi sa limite : la recherche ne confirme pas un ordre fixe, et chacun suit son propre chemin.
- Module 3Préparer et faire l'annonce
Le manager sépare ce qui est décidé, ce qui reste à discuter et ce qui n'est pas encore connu. Il prépare les raisons qu'il peut donner, les questions qu'il redoute et la date du prochain point. Chacun fait ensuite son annonce devant le groupe, qui joue l'équipe et pose les questions difficiles.
Jour 2 : Associer l'équipe et tenir dans la durée
- Module 1Écouter les objections et en trouver la cause
Les participants s'entraînent à l'entretien individuel qui suit l'annonce. Ils cherchent ce qu'il y a derrière une objection : un intérêt menacé, une information mal comprise, une autre lecture de la situation, la peur de ne pas y arriver. Ces quatre causes viennent d'un article de John Kotter et Leonard Schlesinger paru en 1979. Pour chacune, le groupe construit une réponse.
- Module 2Faire participer l'équipe
Le module part de l'étude de Lester Coch et John French sur la participation (1948) et d'une étude de la Dares sur l'information et l'influence des salariés (2017). Le manager liste les choix de mise en œuvre qui restent ouverts : ordre des étapes, répartition, essais, règles de fonctionnement. Il prépare l'atelier où son équipe en décidera.
- Module 3Garder le lien et installer les nouvelles pratiques
Points courts et réguliers, entretiens individuels, premiers résultats rendus visibles : chaque manager construit le calendrier de suivi de son changement. Le module traite aussi des signaux de fatigue et du moment où passer le relais aux RH ou à la santé au travail. Chacun repart avec un plan à 90 jours, que relit le suivi à trois mois.
Objectifs pédagogiques
- Décrire les réactions possibles d'une équipe face à un changement et repérer où en est chaque collaborateur
- Lire un changement en cours avec les modèles de Lewin, de Kotter et ADKAR, en connaissant leurs limites
- Préparer une annonce qui sépare ce qui est décidé, ce qui reste ouvert et ce qui n'est pas encore connu
- Recevoir une objection, en chercher la cause et y apporter une réponse adaptée
- Confier à l'équipe les choix de mise en œuvre qui peuvent lui revenir
- Organiser le suivi de la transition jusqu'à l'installation des nouvelles pratiques, avec un plan à 90 jours
Public et prérequis
- Managers de proximité qui doivent annoncer et faire vivre une réorganisation, un nouvel outil ou un déménagement
- Cadres intermédiaires et chefs de service qui relaient une décision prise par la direction
- Membres de CODIR et dirigeants qui préparent leur ligne managériale avant une transformation
- Responsables RH qui travaillent avec les managers pendant un changement d'organisation
Conditions pratiques et tarif
| Durée | 2 jours, 14 heures |
|---|---|
| Programme | Jour 1 : Comprendre les réactions et préparer l'annonce ; Jour 2 : Associer l'équipe et tenir dans la durée |
| Format | accompagner le changement en intra : vos locaux ou la visio, 12 personnes au plus |
| Prérequis | Encadrer une équipe, en direct ou en transverse, qui vit ou va vivre un changement. Chaque participant décrit au cadrage le changement qu'il porte et l'état de son équipe. Un besoin d'aménagement lié à un handicap se signale à Movea dès l'inscription, pour que supports et exercices soient adaptés. |
| Animation | Formateur du réseau Movea, désigné au cadrage |
| Tarif | 3 960 € HT les deux jours (1 980 € HT par jour) |
| Objectif | Décrire les réactions possibles d'une équipe face à un changement et repérer où en est chaque collaborateur |
| Financement | OPCO selon la branche, ou budget formation |
| Format individuel | Coaching one to one en accompagner le changement, même tarif journalier, durée à la carte |
Qui anime cette formation
Les deux journées sont confiées à un intervenant du réseau Movea habitué aux équipes en réorganisation. Son choix dépend de la nature du changement et du groupe : managers de proximité, cadres intermédiaires ou comité de direction. Ses exercices partent des changements que les participants devront porter dans les prochains mois. Après chaque mise en situation, le groupe débriefe avec une grille simple : clarté de l'annonce, questions restées sans réponse, engagements pris devant l'équipe.
Formateurs du réseau Movea
4,8/5
Moyenne Movea, toutes formations confondues
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'accompagner le changement, pour un manager ?
Conduite, gestion ou accompagnement du changement : quelle différence ?
Quelle différence avec la formation leadership de Movea ?
La courbe du changement est-elle un modèle fiable ?
Que dit le modèle de Kurt Lewin sur le changement ?
Quelles sont les huit étapes de Kotter ?
Que signifie ADKAR ?
Le CSE doit-il être consulté sur une réorganisation ?
Comment porter un changement avec lequel on n'est pas d'accord ?
Qui anime la formation accompagner le changement ?
Comment s'organisent les deux jours de formation ?
Quel est le prix de la formation et comment la financer ?
Un dirigeant peut-il être accompagné seul pendant une transformation ?
Le CPF peut-il financer cette formation ?
Accompagner le changement, le travail du manager pendant une transformation
L'accompagnement du changement est l'ensemble des gestes par lesquels un manager aide son équipe à comprendre une transformation, à s'y adapter et à la faire vivre dans le travail quotidien. En deux jours, Movea entraîne les managers qui doivent porter une réorganisation, un rapprochement de services, un nouvel outil ou un déménagement. Au programme : annoncer, écouter les objections, associer l'équipe et tenir jusqu'à l'installation des nouvelles pratiques.
Trois données récentes situent le sujet.
- En 2024, quatre salariés sur dix disent avoir vu leur environnement de travail fortement modifié dans l'année écoulée. Plus de six sur dix parmi eux n'ont pas été consultés, et quatre sur dix estiment avoir manqué d'information. La source est l'enquête Conditions de travail 2024-2025 de la Dares, parue le 9 septembre 2026, qui repose sur 25 300 questionnaires remplis en face à face.
- Selon la même publication, les cadres sont plus souvent concernés par les changements que les autres salariés, et ils les jugent plus souvent imprévisibles ou mal préparés. Ce sentiment a progressé de 7 points chez eux entre 2016 et 2024. Chez les ouvriers, 58 % estiment n'avoir pas eu d'influence sur le changement, contre 39 % des cadres.
- Les managers eux-mêmes demandent à être mieux associés : 82 % voudraient l'être davantage à la stratégie et aux évolutions de leur structure. Le sondage a été mené par Toluna pour l'Anact et Malakoff Humanis, du 30 avril au 12 mai 2026, auprès de 1 101 managers.
La Dares rappelle aussi l'effet de ces situations sur la santé. Les salariés confrontés à de nombreux changements ressentent plus d'insécurité et présentent davantage de symptômes dépressifs. La possibilité d'agir sur le changement permettrait d'atténuer ces effets. Le constat s'appuie sur une étude de Thomas Coutrot publiée par la Dares en 2017 : les salariés bien informés d'un changement présentent moins souvent un symptôme dépressif, et l'écart grandit encore chez ceux qui estiment avoir pesé sur ses modalités.
La formation travaille ce qui dépend du manager : l'information qu'il donne, la place qu'il laisse à son équipe, sa présence pendant la transition. Le contenu de la décision et son calendrier restent l'affaire de la direction. La gestion de projet et les outils de pilotage sortent du champ de la session.
Quand former vos managers au changement : les signaux côté entreprise
Le besoin apparaît souvent juste avant l'annonce officielle, ou dans les semaines qui la suivent. Ces situations doivent alerter :
- une réorganisation, un rachat ou une fusion de services est décidé, et les managers l'apprennent quelques jours avant leurs équipes ;
- l'information circule d'abord par la rumeur, puis par un courriel de la direction que personne ne commente en réunion ;
- après l'annonce, une partie de l'équipe se tait et une autre conteste chaque détail ;
- un nouvel outil tourne depuis six mois, et les anciens fichiers circulent toujours à côté ;
- les changements s'enchaînent depuis deux ans, et la fatigue se lit dans les arrêts, les départs ou les réunions où plus personne ne pose de question.
Avant la session, Movea s'entretient avec le commanditaire : nature du changement, calendrier, décisions déjà prises, points encore en discussion. Chaque manager inscrit décrit ensuite le changement qu'il porte et l'état de son équipe. Les exercices des deux jours partent de ces descriptions.
Les réactions au changement : trois modèles et leurs limites
Les modèles du changement aident le manager à lire ce qui se passe dans son équipe. Aucun ne prédit le comportement d'une personne. La formation les présente comme des grilles de lecture, avec les réserves que formule la recherche.
Kurt Lewin : décristalliser, déplacer, recristalliser
Le psychologue Kurt Lewin passe pour le fondateur de la conduite du changement. On lui attribue un modèle en trois temps : sortir le groupe de ses habitudes (décristallisation), l'amener vers un nouveau fonctionnement (déplacement), puis stabiliser ce fonctionnement (recristallisation). L'idée tient en quelques lignes d'un long article paru en 1947 dans le premier numéro de la revue Human Relations, quelques mois après la mort de son auteur.
En 2016, Stephen Cummings, Todd Bridgman et Kenneth Brown ont comparé ces lignes avec ce que les manuels de management en ont fait. Selon eux, Lewin n'a jamais construit de modèle en trois étapes, et cette version a pris forme après sa mort. Ils notent aussi que Lewin décrivait des groupes en adaptation permanente. L'image d'un état gelé, puis dégelé, cadre mal avec cette idée. Pour un manager, le schéma garde un intérêt pratique : un changement se prépare avant l'annonce et demande du temps pour se stabiliser ensuite.
La courbe du changement, venue des étapes de la fin de vie
La courbe du changement décrit une suite de réactions face à une transformation : refus, colère, négociation, découragement, puis acceptation. Elle reprend les cinq étapes qu'Elisabeth Kübler-Ross a décrites en 1969 dans On Death and Dying, à partir de ses observations auprès de patients en fin de vie : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation. Dans le même livre, la psychiatre les appliquait déjà aux proches qui se préparent au deuil. Le schéma a ensuite été transposé à l'entreprise.
Cette transposition a une limite sérieuse. Un article de synthèse paru en 2017 dans la revue Omega, signé par trois spécialistes du deuil, examine la théorie des étapes. Les auteurs ne trouvent pas de preuve empirique solide d'un passage par étapes successives, y compris chez les personnes en deuil. Les réactions décrites existent. Leur ordre et leur durée varient d'une personne à l'autre. Les chercheurs jugent même nuisible d'attendre d'une personne qu'elle suive ces étapes.
En formation, la courbe sert donc à reconnaître une réaction et à la considérer comme normale. Elle ne dit pas où un collaborateur « devrait » en être à telle date. L'article la courbe du changement détaille son origine et son usage en équipe.
ADKAR : le changement vu du côté de chaque personne
Le modèle ADKAR, proposé par Jeff Hiatt, fondateur du cabinet américain Prosci, décrit le changement individuel en cinq éléments : la conscience que le changement est nécessaire (Awareness), l'envie d'y participer (Desire), la connaissance de la façon de faire (Knowledge), la capacité à appliquer les nouveaux gestes (Ability), puis ce qui fait tenir le changement (Reinforcement). Jeff Hiatt l'a exposé dans un livre paru en 2006.
ADKAR aide le manager à poser un diagnostic collaborateur par collaborateur. Une formation au nouveau logiciel donne peu de résultats chez une personne qui ne voit pas pourquoi l'ancien doit disparaître. Avec elle, le manager commence par expliquer les raisons, et la formation technique vient ensuite.
Le tableau ci-dessous reprend ces trois modèles et ajoute les huit étapes de Kotter, détaillées dans la partie suivante.
| Modèle | Auteur et date | Ce qu'il éclaire | Limite à connaître |
|---|---|---|---|
| Trois temps du changement | Attribué à Kurt Lewin, 1947 | Le changement commence avant l'annonce et se stabilise après | Lewin n'en a pas fait un modèle ; la version en trois étapes date d'après sa mort |
| Courbe du changement | Transposée des étapes d'Elisabeth Kübler-Ross, 1969 | Les réactions de refus, de colère ou de découragement sont attendues | Aucun ordre fixe n'est démontré, même pour le deuil |
| ADKAR | Jeff Hiatt, Prosci, 2006 | Ce qui manque à une personne pour changer | Décrit l'individu ; l'organisation du travail relève d'une autre analyse |
| Huit étapes | John Kotter, 1995 et 1996 | La séquence d'un changement à l'échelle de l'entreprise | Pensé pour une transformation pilotée par la direction ; le manager de proximité agit surtout sur certaines étapes |
Annoncer le changement : préparer ce que l'on sait et ce que l'on ignore
En 1995, John Kotter enseigne le leadership à la Harvard Business School. Il tire de l'observation de plus de cent entreprises en pleine transformation un article pour la Harvard Business Review. Il y décrit huit étapes, qu'il développe l'année suivante dans son livre Leading Change :
- créer un sentiment d'urgence ;
- réunir une coalition assez solide pour piloter le changement ;
- bâtir une vision ;
- communiquer cette vision ;
- donner aux autres les moyens d'agir ;
- prévoir et obtenir des succès visibles à court terme ;
- consolider les progrès pour aller plus loin ;
- ancrer les nouvelles pratiques dans la culture de l'entreprise.
L'une des huit erreurs relevées par Kotter porte sur la communication : les directions sous-communiquent leur vision d'un facteur dix. Une réunion unique ou un message isolé ne suffisent pas. Les actes des dirigeants comptent autant : s'ils contredisent le discours, l'équipe croit moins au message.
Le manager relaie souvent une décision prise plus haut. Avant de parler à son équipe, il obtient de sa hiérarchie les raisons du changement, les marges laissées à l'équipe et la date à laquelle les points en suspens seront tranchés. La formation prévoit un temps pour préparer cet échange.
Pour l'annonce elle-même, la session utilise un tableau en trois colonnes :
| Ce qui est décidé | Ce qui reste ouvert | Ce qui n'est pas encore connu |
|---|---|---|
| Le changement lui-même, sa date, les raisons données par la direction | Les modalités que l'équipe peut choisir : ordre des étapes, répartition, essais | Les points que la direction n'a pas tranchés, avec la date prévue pour la réponse |
Voici un exemple fictif. Patrice dirige le service administration des ventes d'une PME industrielle. Dans six mois, le traitement des commandes passera sur un logiciel commun aux deux sites de l'entreprise. Dans la colonne « décidé », Patrice inscrit le logiciel, la date de bascule et la raison avancée par la direction : un seul outil pour les deux sites. Dans « ouvert », il note l'ordre de reprise des fichiers clients et le choix des deux personnes qui testeront l'outil en premier. Dans « pas encore connu », il place les horaires pendant la bascule, que la direction fixera en mars. Il fait son annonce en réunion d'équipe, répond aux questions, puis prévoit un entretien individuel avec chacun dans les deux semaines.
En session, chaque manager remplit ce tableau pour le changement qu'il porte, puis fait son annonce devant le groupe, qui joue l'équipe. L'article sur le storytelling en réunion propose un schéma de récit pour raconter un changement de direction.
Écouter les objections : ce que la résistance dit du changement
La résistance au changement désigne les réactions par lesquelles une personne ou un groupe freine une transformation : objections répétées, retrait, contournement, retour discret aux anciennes pratiques.
En 1948, Lester Coch et John French publient dans Human Relations une étude menée chez Harwood Manufacturing Corporation, une entreprise industrielle de Virginie. Les changements de méthode y provoquaient des réclamations, des départs, une baisse du rendement et une hostilité ouverte. Les chercheurs ont introduit un même changement de plusieurs façons, avec des degrés de participation différents. Plus la participation des salariés était forte, plus leur rendement remontait vite, et moins on comptait de départs et d'agressivité. La participation de tous a mieux fonctionné que la participation par l'intermédiaire de représentants. La méthode de l'étude a été discutée depuis, et elle reste une référence. En 2015, Bernard Burnes en retient une idée : la résistance naît du contexte dans lequel le changement arrive, davantage que de l'individu.
En 1979, John Kotter et Leonard Schlesinger publient un article qui ramène la plupart des résistances à quatre causes. La formation s'en sert pour chercher ce qu'il y a derrière une objection.
| Cause | Ce que le manager entend | Ce qu'il peut faire |
|---|---|---|
| Un intérêt personnel ou collectif menacé | « On va perdre le dossier qui faisait la force de l'équipe. » | Reconnaître la perte, chercher ce qui peut être conservé ou compensé |
| Une mauvaise compréhension du changement, et la crainte d'y perdre | « Il paraît que des postes vont disparaître. » | Donner l'information exacte, dire clairement ce qui n'est pas encore connu |
| Une autre lecture des besoins de l'entreprise | « Ce nouvel outil ne règle pas le vrai problème. » | Écouter l'argument jusqu'au bout, le faire remonter s'il tient |
| Une faible tolérance au changement, liée à la peur de ne pas savoir faire | « Je ne vais jamais y arriver avec ce logiciel. » | Prévoir un appui concret : formation, binôme, période d'essai |
Second exemple, lui aussi fictif. Nathalie encadre une équipe de conseillers dans un centre de relation client. Un nouveau déroulé d'appel entre en vigueur le mois prochain. En entretien, un conseiller répète qu'il « ne marchera jamais ». Nathalie reformule son objection, puis lui demande ce qui l'inquiète le plus. Il finit par dire qu'il craint de perdre ses primes pendant la période d'apprentissage. L'objection relevait d'un intérêt menacé. Nathalie s'engage à poser la question des objectifs de transition à sa direction et lui donne une date de réponse.
En session, les participants s'entraînent à cet entretien en trio : un manager, un collaborateur, un observateur qui note les questions posées et la cause trouvée. L'article sur le feedback et la méthode SBI aide à préparer la suite si un collaborateur continue de contourner la nouvelle organisation.
Associer l'équipe et garder le lien pendant la transition
Associer l'équipe consiste à lui confier les choix de mise en œuvre qui peuvent lui revenir. La direction fixe le cap. L'équipe peut souvent décider de l'ordre des étapes, de la répartition des tâches, des essais à mener et des règles de fonctionnement du nouveau dispositif. Le manager dresse la liste de ces marges avant l'atelier et les annonce telles qu'elles sont. Consulter l'équipe sur un point déjà tranché abîme la confiance.
Pendant la transition, le manager tient quelques rendez-vous fixes :
- un point d'équipe court chaque semaine, autour de trois questions : ce qui avance, ce qui bloque, ce qui reste sans réponse ;
- un entretien individuel avec chaque collaborateur dans les deux semaines qui suivent l'annonce, puis à mi-parcours ;
- une liste des questions ouvertes, partagée avec l'équipe, avec pour chacune la date de réponse prévue ;
- les premiers résultats montrés à l'équipe dès qu'ils arrivent, ce que Kotter appelle les succès à court terme.
Une réorganisation qui réunit deux équipes rouvre aussi la question des rôles et des règles communes. L'article sur les étapes de Tuckman décrit ce retour à la phase de tension et la façon d'en sortir.
Le manager surveille aussi la fatigue. La Dares classe les changements subis parmi les indicateurs de l'insécurité de la situation de travail, l'une des six dimensions des risques psychosociaux retenues par le rapport Gollac de 2011. Un collaborateur qui s'isole, perd le fil de ses dossiers ou multiplie les erreurs appelle un échange individuel, puis une orientation vers le médecin du travail ou les RH. La formation risques psychosociaux approfondit ce repérage.
Tenir dans la durée, après la date de bascule
Kotter range parmi les huit erreurs le fait de crier victoire trop tôt. Selon lui, il faut parfois cinq à dix ans pour qu'un changement entre dans la culture d'une entreprise. Jusque-là, les nouvelles pratiques restent fragiles et peuvent reculer. La dernière lettre d'ADKAR porte la même idée à l'échelle d'une personne : le renforcement fait tenir le changement.
Pour le manager, tenir veut dire continuer les points de suivi après la date de bascule, reconnaître les collaborateurs qui ont adopté les nouvelles pratiques, repérer les contournements et en chercher la raison. Un contournement signale souvent un problème réel de l'outil ou de l'organisation, à faire remonter.
Un chiffre circule dans beaucoup de présentations sur le sujet : 70 % des transformations échoueraient. En 2011, Mark Hughes, chercheur à l'université de Brighton, a examiné cinq publications qui avancent ce taux. Il conclut qu'aucune preuve empirique valide et fiable ne le soutient. La formation s'appuie sur des constats documentés et laisse ce chiffre de côté.
Accompagnement du changement, leadership, risques psychosociaux ou coaching d'équipe : quelle formation choisir ?
Ces quatre formations Movea s'adressent souvent aux mêmes managers. Celle-ci suit un changement précis, de l'annonce à l'installation. Le leadership traite du rôle de manager dans sa totalité. Côté risques psychosociaux, la session organise la prévention et précise ce qui revient à chaque acteur. Avec le coaching d'équipe, le manager apprend à questionner pour que l'équipe trouve ses propres solutions.
| Accompagner le changement (cette fiche) | Leadership | Risques psychosociaux | Coaching d'équipe pour managers | |
|---|---|---|---|---|
| Situation de départ | Un changement décidé à annoncer et à faire vivre : réorganisation, fusion de services, nouvel outil, déménagement | Une prise de poste, une équipe qui s'agrandit, des arbitrages difficiles | Pas de volet psychosocial dans le DUERP, un signalement du CSE, des inquiétudes autour d'une réorganisation | Toutes les questions et validations passent par le manager |
| Objectif principal | Comprendre les réactions, annoncer, écouter les objections, associer l'équipe, suivre la transition | Situer son style, fixer une direction, doser consignes et délégation, mener un recadrage | Classer les situations dans les six familles de facteurs, nourrir le document unique, repérer une personne en difficulté et l'orienter | Conduire un entretien selon GROW, déléguer par étapes, faire résoudre un problème par l'équipe |
| Public type | Managers de proximité, chefs de service, membres de CODIR qui préparent leur encadrement | Managers récemment promus, cadres dont le périmètre s'élargit, dirigeants et fondateurs | Encadrants, RH, représentants du personnel au CSE, dirigeants de PME | Managers en poste, chefs de service, responsables en transverse, dirigeants de PME |
Partez de ce qui bloque. Un manager qui s'installe dans son premier poste trouvera ses repères dans la formation nouveau manager ou dans la formation leadership. Quand le problème dépasse un changement précis et touche tous les messages du manager (cap, réunions, retours), la formation communication et leadership répond mieux. Après une fusion, l'équipe doit parfois retrouver des règles communes. La formation cohésion d'équipe réunit alors le manager et tous ses collaborateurs. Le dossier leadership de Movea situe la conduite du changement parmi les autres missions de l'encadrant.
Déroulé : cadrage, deux journées, suivi à trois mois
Jusqu'à douze managers de votre entreprise suivent la session ensemble, dans vos locaux, quelle que soit la région, ou en classe virtuelle. Réunir les managers qui relaient la même transformation leur donne un vocabulaire et un calendrier communs. Le même contenu existe en coaching individuel pour un dirigeant ou un manager seul. Quand une équipe entière a besoin d'un intervenant extérieur pendant la transformation, Movea propose aussi un coaching d'équipe.
Le premier jour, chaque manager situe son équipe, prépare son annonce et la répète devant le groupe. Le second jour, il s'entraîne à l'entretien qui suit l'annonce, prépare l'atelier avec son équipe et construit son calendrier de suivi. Deux ou trois semaines d'écart entre les deux journées lui permettent de faire l'annonce pour de bon et d'apporter les réactions réelles au second jour.
Les acquis se mesurent à trois moments. Pendant les mises en situation, le formateur note ses observations sur une grille. Le dernier jour, un questionnaire porte sur les acquis et sur la satisfaction. Trois mois plus tard, Movea fait le point avec chaque manager sur son plan à 90 jours : rendez-vous tenus, objections traitées, pratiques installées et celles qui résistent encore.
Financer la formation accompagnement du changement
Le prix ne dépend pas du nombre d'inscrits : 1 980 € HT par journée, soit 3 960 € HT, que vous formiez cinq ou douze managers.
Selon votre branche et votre taille, l'OPCO rembourse une partie ou la totalité du coût pédagogique. Seules les entreprises de moins de 50 salariés ont accès aux fonds qu'il consacre au plan de développement des compétences. Les autres prennent la session sur leur budget formation. Le CPF n'intervient pas dans une formation intra.
Les actions de formation de Movea sont certifiées Qualiopi. Movea monte avec votre service RH le dossier de prise en charge et lui remet convention, programme détaillé et justificatifs. D'autres thèmes figurent dans le catalogue des formations Movea. Les références de cette page sont rassemblées en bas de page : Dares (enquête Conditions de travail 2024-2025 et étude de 2017 sur les changements organisationnels), sondage de l'Anact et de Malakoff Humanis, les articles de John Kotter (1995) et de Kotter et Schlesinger (1979), Kurt Lewin et la relecture de Cummings, Bridgman et Brown dans Human Relations, la revue de Stroebe, Schut et Boerner sur les étapes du deuil, Prosci pour ADKAR, Coch et French relus par Giangreco et Burnes, Mark Hughes sur le taux d'échec de 70 %, et l'article L2312-8 du Code du travail.
Pour le comité de direction
Côté dirigeants, la formation accompagner le changement se prolonge dans la gamme Movea Executive, sur devis.
Sources et références
- Dares, Dares Analyses n° 37 (Cécile Girault, Aude Lapinte) (2026)
- Anact et Malakoff Humanis, sondage réalisé par Toluna (2026)
- Dares, Dares Analyses n° 61 (Thomas Coutrot) (2017)
- Harvard Business Review (John P. Kotter) (1995)
- Harvard Business Review (John P. Kotter et Leonard A. Schlesinger) (1979)
- Kurt Lewin, Human Relations, vol. 1, n° 1 (1947)
- Stephen Cummings, Todd Bridgman et Kenneth G. Brown, Human Relations, vol. 69, n° 1 (2016)
- Margaret Stroebe, Henk Schut et Kathrin Boerner, Omega, vol. 74, n° 4 (2017)
- Prosci (2025)
- Antonio Giangreco, Liuc Papers n° 79, université Carlo Cattaneo (2000)
- Bernard Burnes, Journal of Change Management, vol. 15, n° 2 (2015)
- Mark Hughes, Journal of Change Management, vol. 11, n° 4 (2011)
- Code du travail numérique, ministère du Travail (2021)