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Formation

Formation Prévenir le Harcèlement et les Agissements Sexistes au Travail

La prévention du harcèlement au travail regroupe les mesures qui évitent le harcèlement moral, le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, les font cesser et protègent les personnes qui les signalent. Movea entraîne managers, RH, référents harcèlement et élus du CSE à reconnaître ces faits d'après le Code du travail, à recueillir un signalement (écoute, discrétion, trace écrite), puis à passer la main pour l'enquête. Le programme compte 14 heures réparties sur deux jours, dans l'entreprise ou en visio, pour un groupe de douze au plus facturé 3 960 € HT.

Animée par un formateur du réseau Movea · Mise à jour le

Qualiopi2 jours, 14 heuresPrésentiel · Distanciel · Intra-entrepriseJusqu'à 12 personnes1 980 € HT / jour

L'essentiel

  • Trois définitions du Code du travail organisent la première journée : harcèlement moral (article L1152-1), harcèlement sexuel (L1153-1) et agissement sexiste (L1142-2-1), avec leurs critères et des cas concrets.
  • Le deuxième jour entraîne le moment le plus délicat pour un manager : un collaborateur lui raconte des faits. Écoute, discrétion, notes datées, information de la direction : chaque geste se répète en mise en situation.
  • Le manager n'enquête pas seul. La session décrit ce qu'une enquête interne demande en 2026, d'après les recommandations du Défenseur des droits et un arrêt de la Cour de cassation rendu le 14 janvier 2026.
  • Jusqu'à douze managers, RH ou élus d'une même entreprise se forment ensemble, sur site ou en classe virtuelle. Le groupe paie 3 960 € HT, et l'OPCO prend parfois tout ou partie du coût en charge, selon votre branche et vos effectifs.
  • Un intervenant du réseau Movea familier de la prévention du harcèlement en entreprise tient les deux jours ; Movea communique son identité une fois le cadrage bouclé. Movea ne conduit aucune enquête et ne donne pas de conseil juridique.

Le déroulé pédagogique

01

Jour 1 : Reconnaître les faits et connaître le cadre légal

  • Module 1
    Harcèlement moral, harcèlement sexuel, agissement sexiste

    Le groupe lit les trois définitions du Code du travail, puis les applique à une série de situations courtes : remarque sur une tenue, collègue tenu à l'écart, consignes contradictoires, messages reçus le soir. Pour chacune, il cherche les critères posés par les textes : répétition, atteinte à la dignité, conditions de travail dégradées, pression pour obtenir un acte sexuel. Le conflit de travail est ensuite placé à part, avec ce qui le sépare du harcèlement.

  • Module 2
    Obligations de l'employeur, rôle de chacun

    Prévention, information des salariés, règlement intérieur, référents, protection des témoins, sanctions disciplinaires et pénales : le module suit les articles en vigueur le jour de la session. Chaque participant situe sa place dans ce circuit, à côté de la direction, des RH, du CSE, du médecin du travail et de l'inspection du travail.

  • Module 3
    Repérer avant la plainte

    Les participants dressent la liste de ce qu'un manager peut observer : une demande de changement de poste sans raison donnée, un retrait des réunions, des plaisanteries qui visent toujours la même personne. Ils regardent aussi les signaux collectifs, comme un service où les blagues à caractère sexuel passent pour de l'ambiance. Le module apprend à noter des faits datés ; la qualification juridique revient à l'enquête et, le cas échéant, au juge.

02

Jour 2 : Recueillir, faire remonter, prévenir

  • Module 1
    Recueillir un signalement

    En mises en situation observées, chacun reçoit Fanny, salariée qui raconte des faits, ou Didier, témoin d'une scène en réunion. Le formateur fait travailler l'accueil, les questions ouvertes, la reformulation, les notes datées et l'annonce franche de la suite : le manager doit informer la direction. Un observateur relève avec une grille ce qui a aidé la personne à parler.

  • Module 2
    Après le signalement : protection et enquête interne

    Le module déroule ce qui suit un signalement : accusé de réception, mesures de protection, décision d'enquête prise par la direction, auditions, rapport, suites disciplinaires. Le groupe étudie la décision-cadre du Défenseur des droits du 5 février 2025 et la position prise par la Cour de cassation le 14 janvier 2026. Chacun repère ce qui lui revient et ce qu'il laisse aux enquêteurs.

  • Module 3
    Prévenir dans l'équipe et plan d'action

    Réagir sur le moment à une remarque sexiste en réunion, fixer des règles d'équipe, rappeler les contacts affichés dans l'entreprise, faire inscrire le risque dans le document unique. Le module se termine par trois engagements datés par participant, que Movea reprend avec chacun lors d'un échange à trois mois.

Objectifs pédagogiques

  • Distinguer harcèlement moral, harcèlement sexuel, agissement sexiste et conflit de travail à partir des textes du Code du travail
  • Citer les obligations de l'employeur en vigueur en 2026 : prévention, information des salariés, référents, règlement intérieur, sanctions
  • Repérer dans une équipe les signaux d'une situation de harcèlement, y compris quand personne ne se plaint
  • Recueillir un signalement avec écoute, discrétion et compte rendu écrit
  • Situer son rôle après le signalement : information de la direction, mesures de protection, enquête interne
  • Bâtir un plan de prévention pour son équipe ou son périmètre

Public et prérequis

  • Managers de proximité et cadres, souvent témoins directs de ce qui se dit et se fait dans l'équipe
  • Responsables et chargés RH qui reçoivent les signalements et organisent les enquêtes
  • Référents harcèlement sexuel et agissements sexistes, désignés par l'employeur ou par le CSE
  • Élus du CSE qui veulent compléter la formation santé et sécurité prévue par le Code du travail
  • Dirigeants de PME sans service RH, qui traitent eux-mêmes les signalements

Conditions pratiques et tarif

Récapitulatif de la Formation Prévenir le Harcèlement et les Agissements Sexistes au Travail
Durée2 jours, 14 heures
ProgrammeJour 1 : Reconnaître les faits et connaître le cadre légal ; Jour 2 : Recueillir, faire remonter, prévenir
Formatprévention du harcèlement en intra : vos locaux ou la visio, 12 personnes au plus
PrérequisAucun prérequis. Les exercices partent de situations recueillies au cadrage et rendues anonymes ; une affaire sous enquête dans l'entreprise ne sert jamais de cas de groupe. Un participant en situation de handicap obtient, sur simple demande avant la session, des supports et des exercices adaptés.
AnimationFormateur du réseau Movea, désigné au cadrage
Tarif3 960 € HT les deux jours (1 980 € HT par jour)
ObjectifDistinguer harcèlement moral, harcèlement sexuel, agissement sexiste et conflit de travail à partir des textes du Code du travail
FinancementOPCO selon la branche, ou budget formation
Format individuelCoaching one to one en prévention du harcèlement, même tarif journalier, durée à la carte
Intervenants

Qui anime cette formation

Les deux jours sont tenus par un spécialiste de la prévention du harcèlement et des violences sexistes, membre du réseau Movea. Son choix dépend du groupe réuni : encadrement de proximité, RH, référents ou élus du CSE. Il construit les jeux de rôle sur des situations rendues anonymes et vérifie qu'en fin de session chacun sait par quel circuit passe un signalement chez son employeur. Toute question de droit sur un dossier réel repart vers l'avocat ou le service juridique de l'entreprise.

Avis des participants

4,8/5

Moyenne Movea, toutes formations confondues

Méthode de mesure

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le harcèlement moral au travail ?
Selon l'article L1152-1 du Code du travail, le harcèlement moral suppose des agissements répétés. Ils dégradent, ou cherchent à dégrader, les conditions de travail du salarié, avec un risque pour ses droits et sa dignité, pour sa santé physique ou mentale, ou pour son avenir professionnel. Le résultat compte autant que le but : un auteur qui ne voulait pas nuire peut être mis en cause. Un reproche isolé sur un dossier ne remplit pas la condition de répétition.
Comment le Code du travail définit-il le harcèlement sexuel ?
L'article L1153-1, dans sa rédaction applicable depuis le 31 mars 2022, retient deux cas. D'abord des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste, répétés, qui portent atteinte à la dignité de la personne par leur caractère dégradant ou humiliant, ou qui créent contre elle une situation intimidante, hostile ou offensante. La répétition est aussi acquise quand plusieurs personnes agissent chacune une fois, de concert ou en sachant que les faits se répètent. Ensuite, la pression grave, même unique, exercée pour obtenir un acte de nature sexuelle, que la loi assimile au harcèlement sexuel.
Qu'est-ce qu'un agissement sexiste au travail ?
L'article L1142-2-1 du Code du travail vise tout agissement lié au sexe d'une personne dont le but ou l'effet est d'atteindre sa dignité, ou de créer autour d'elle un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. Aucune répétition n'est demandée. Lancer en réunion qu'une collègue ne saura pas tenir un client difficile parce qu'elle est une femme peut en relever. L'article L4121-2 range ces agissements parmi les risques que l'employeur intègre à sa prévention.
Comment distinguer un conflit d'une situation de harcèlement ?
Dans un conflit, deux personnes ou deux équipes s'affrontent sur un sujet de travail, et chacune garde la possibilité de répondre. Le harcèlement se reconnaît aux critères de la loi : des agissements répétés ou une pression grave, une atteinte à la dignité, des conditions de travail dégradées. Les deux se mêlent parfois. Dans le doute, le manager traite ce qu'on lui rapporte comme un signalement possible et le fait remonter à la direction, avant toute tentative de rapprocher les personnes.
Quelles sanctions pénales pour le harcèlement au travail ?
Pour le harcèlement moral au travail, le Code pénal prévoit jusqu'à deux ans de prison et 30 000 € d'amende (article 222-33-2). Le harcèlement sexuel expose à la même peine, qui monte à trois ans et 45 000 € dans plusieurs cas listés par l'article 222-33, dont l'abus de l'autorité attachée aux fonctions. L'employeur peut en outre sanctionner l'auteur sur le plan disciplinaire, comme le prévoient les articles L1152-5 et L1153-6 du Code du travail.
Le référent harcèlement est-il obligatoire ?
Deux référents existent. Dès qu'un CSE est en place, il désigne parmi ses membres un référent en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, pour la durée du mandat (article L2314-1). Toute entreprise d'au moins 250 salariés désigne en plus son propre référent, chargé d'orienter, d'informer et d'accompagner les salariés sur ces mêmes sujets (article L1153-5-1). La loi leur confie le harcèlement sexuel et les agissements sexistes ; le harcèlement moral n'entre pas dans le texte qui fixe leur mission.
Que doit faire un manager à qui un salarié signale du harcèlement ?
Le recevoir vite, dans un bureau fermé, et le laisser raconter. Consigner ce qu'il décrit, avec ses mots : faits, dates, témoins éventuels, puis lui proposer d'écrire son propre récit. Lui dire clairement que la direction ou les RH seront informées, et par qui. Lui donner les coordonnées du référent, du médecin du travail et des élus. Faire remonter le signalement sans attendre. Le manager ne convoque pas la personne mise en cause et ne mène aucune enquête de son côté.
L'employeur est-il obligé de mener une enquête interne ?
Le 14 janvier 2026 (pourvoi n° 24-19.544), la chambre sociale de la Cour de cassation a estimé qu'aucune disposition du Code du travail n'impose une enquête interne après un signalement de harcèlement sexuel. L'employeur reste tenu de faire cesser les faits et de protéger la santé des salariés. Le Défenseur des droits recommande d'ouvrir une enquête dans un délai qui n'excède pas deux mois. Si un élu du CSE déclenche son droit d'alerte, l'article L2312-59 impose une enquête sans délai, menée avec lui.
Movea mène-t-il des enquêtes ou donne-t-il un avis juridique ?
Non. Movea forme des personnes à leur rôle et ne conduit aucune enquête, interne ou confiée à un prestataire. Ses formateurs ne qualifient pas une situation réelle et ne donnent pas de conseil juridique sur un dossier. Pour une affaire en cours, l'employeur consulte son avocat ou son service juridique. Un salarié peut de son côté saisir l'inspection du travail, le Défenseur des droits ou un avocat.
La session remplace-t-elle la formation des élus du CSE ?
Non. L'article L2315-18 du Code du travail réserve aux membres du CSE et au référent qu'il désigne une formation en santé, sécurité et conditions de travail d'au moins cinq jours lors du premier mandat, payée par l'employeur. Elle obéit à ses propres règles. La session Movea de deux jours la complète sur le harcèlement et les agissements sexistes, et fait travailler les élus avec les managers et les RH de la même entreprise.
Qui anime la formation prévention du harcèlement ?
Un intervenant du réseau Movea qui accompagne des entreprises sur le harcèlement et les violences sexistes au travail. Le choix se fait au cadrage, selon le public réuni et votre secteur. Movea vous présente cet intervenant et son expérience des démarches de prévention avant que la convention ne soit signée.
Combien coûte la session et qui peut la financer ?
Le tarif est forfaitaire pour le groupe, d'un à douze participants : 1 980 € HT la journée, 3 960 € HT la session complète. Sous le seuil de 50 salariés, votre OPCO peut financer la formation au titre du plan de développement des compétences, et certaines branches remboursent l'intégralité des frais pédagogiques. Les entreprises plus grandes la paient sur leur budget formation. Movea monte le dossier de financement avec votre service du personnel.
Existe-t-il un accompagnement individuel pour un référent ou un dirigeant ?
Oui. Le coaching one to one coûte le même prix journalier que la session de groupe, 1 980 € HT, sur site ou en visio, et le nombre de séances se décide avec vous. Il convient au référent fraîchement désigné, ou au dirigeant de PME qui veut présenter le circuit de signalement à ses équipes. Un dossier en cours relève de l'avocat de l'entreprise.
Le CPF finance-t-il cette formation ?
Non. Votre entreprise achète cette session pour ses propres équipes : l'OPCO ou le budget formation la financent, et le compte personnel de formation de chaque salarié reste intact.

Harcèlement et agissements sexistes : ce que la prévention recouvre

La prévention du harcèlement au travail est l'ensemble des mesures qui évitent le harcèlement moral, le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, les font cesser quand ils surviennent et protègent les personnes qui les signalent. La loi en charge l'employeur. En deux jours, Movea prépare managers, RH, référents et élus du CSE à reconnaître ces faits, à recueillir un signalement et à passer la main au bon interlocuteur.

Trois enquêtes publiées depuis la fin de 2025 situent le problème.

  • Le 9 septembre 2026, la Dares a livré les résultats de son enquête sur les conditions de travail menée en 2024 et 2025 : 31 % des salariés rapportent des comportements hostiles, contre 29 % en 2016. Les blagues blessantes gagnent 3 points, les propos obscènes 2 points. Les femmes en restent plus souvent la cible, avec un écart qui atteint 5 points, contre 3 en 2016.
  • Dans le 18e baromètre du Défenseur des droits et de l'Organisation internationale du travail, paru en décembre 2025, 20 % des actifs disent avoir fait l'objet de propos ou de comportements sexistes au travail au cours des cinq dernières années. Ils étaient 14 % en 2016.
  • Pour Moka.Care, le BCG et le GHU Paris psychiatrie et neurosciences, l'Ifop a interrogé 2 000 salariés en janvier 2026. 36 % se disent témoins ou victimes de gestes, de paroles ou de comportements répétés, venus d'un collègue ou d'un supérieur, dont le but est de dégrader les conditions de travail ou l'état psychologique. Les encadrants y sont plus de deux fois plus souvent témoins de réflexions à connotation sexuelle ou sexiste que les autres salariés : 16 % contre 7 %.

Ces enquêtes mesurent ce que les salariés déclarent. Seuls une enquête interne ou un juge qualifient des faits précis. Le dernier chiffre explique le choix du public : dans une équipe, les encadrants voient et entendent davantage que les autres salariés.

Les signaux côté entreprise qui justifient une session

Le besoin se lit dans des faits précis :

  • un salarié a parlé de faits à son responsable, et personne ne savait quoi noter ni à qui s'adresser ;
  • le CSE vient de désigner son référent harcèlement, ou l'entreprise a franchi le seuil de 250 salariés et doit nommer le sien ;
  • des surnoms, des plaisanteries à caractère sexuel ou des commentaires sur le physique reviennent dans un service, et les managers hésitent à intervenir ;
  • une enquête récente a buté sur un premier entretien mal conduit : propos non notés, personne mise en cause prévenue trop tôt, témoins entendus ensemble ;
  • le règlement intérieur, l'information remise aux salariés ou le document unique ne disent rien du harcèlement ni des agissements sexistes.

Le cadrage démarre par un échange avec le commanditaire : circuit de signalement en place, référents désignés, contacts affichés, enquêtes passées. Les participants décrivent ensuite des situations vécues ou observées, que le formateur rend anonymes et réécrit en cas d'école. Une affaire en cours n'entre jamais dans les exercices.

Harcèlement moral, harcèlement sexuel, agissement sexiste : trois notions à distinguer

Le Code du travail emploie trois notions voisines, qui n'obéissent pas aux mêmes critères. La première journée apprend à les reconnaître sur des cas courts.

NotionTexteCe que le texte exigeExemple travaillé en session
Harcèlement moralArticle L1152-1Une répétition d'agissements, des conditions de travail dégradées, un risque pour les droits, la dignité, la santé ou la carrièreUn responsable retire un à un ses dossiers à Fanny, la reprend devant l'équipe et ne la convie plus aux réunions
Harcèlement sexuelArticle L1153-1, 1°Des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste, répétés, dégradants ou humiliants, ou qui installent une situation intimidante, hostile ou offensanteDes messages sur l'apparence d'une collègue, envoyés plusieurs soirs de suite malgré son silence
Harcèlement sexuel assimiléArticle L1153-1, 2°Une pression grave, même unique, pour obtenir un acte de nature sexuelleUn supérieur fait dépendre le renouvellement d'un contrat d'un rendez-vous intime
Agissement sexisteArticle L1142-2-1Un agissement lié au sexe de la personne, qui atteint sa dignité ou rend son environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ; un seul fait peut suffireEn réunion, un collègue affirme que Fanny ne saura pas négocier avec ce client parce qu'elle est une femme

Depuis le 31 mars 2022, la répétition peut venir de plusieurs personnes : le harcèlement sexuel est constitué quand plusieurs collègues agissent chacun une fois, de manière concertée ou en sachant que les propos se répètent. Pour le harcèlement moral, la loi regarde ce que les agissements produisent : la dégradation peut être leur but ou leur simple résultat, et la définition ne dépend donc pas de l'intention de l'auteur.

Un conflit de travail suit une autre logique : un désaccord, souvent visible, où chacun peut répondre. Les tensions entre collègues relèvent de la formation gestion des conflits. Le guide du blog sur le harcèlement moral au travail détaille les exemples, la frontière avec le conflit et les démarches selon la place de chacun.

Obligations de l'employeur : le droit applicable en 2026

Le tableau reprend le droit applicable le 21 octobre 2026, contrôlé article par article sur le Code du travail numérique et sur Légifrance.

ObligationArticleCe que cela implique au quotidien
Prévenir le harcèlement moralL1152-4Prendre les dispositions nécessaires et porter l'article 222-33-2 du Code pénal à la connaissance des salariés, par le moyen de son choix
Prévenir le harcèlement sexuel, y mettre un terme et le sanctionnerL1153-5Faire connaître l'article 222-33 du Code pénal, les recours civils et pénaux et les contacts utiles ; un modèle d'affiche est disponible sur code.travail.gouv.fr
Contacts à indiquer aux salariésD1151-1Médecin du travail ou service de santé au travail, inspection du travail et nom de l'inspecteur, Défenseur des droits, référents
Planifier la préventionL4121-2, 7°Compter le harcèlement moral, le harcèlement sexuel et les agissements sexistes parmi les risques que l'employeur prend en compte quand il organise sa prévention
Rappeler les règles dans le règlement intérieurL1321-2, 2°Le règlement rappelle les dispositions sur les harcèlements moral et sexuel et sur les agissements sexistes
Référent du CSEL2314-1Un membre du CSE, désigné par le comité pour la lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, pour la durée du mandat
Référent de l'employeurL1153-5-1Obligatoire dès 250 salariés, pour orienter, informer et accompagner les salariés
Protéger victimes et témoinsL1152-2, L1153-2Aucune mesure défavorable contre la personne qui a subi, refusé, relaté ou témoigné de bonne foi
Sanctionner l'auteurL1152-5, L1153-6Une sanction disciplinaire est possible pour tout salarié auteur des faits

Côté pénal, l'auteur d'un harcèlement moral au travail encourt deux ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (article 222-33-2 du Code pénal). Pour un harcèlement sexuel, la peine est la même, et passe à trois ans et 45 000 € dans les cas aggravés de l'article 222-33, dont l'abus de l'autorité attachée aux fonctions. Devant le conseil de prud'hommes, la charge de la preuve est aménagée : le salarié apporte des faits qui font présumer un harcèlement, puis la partie adverse doit démontrer que ces agissements n'en constituent pas un (article L1154-1).

Ce cadre pourrait changer. Le 13 octobre 2026, l'Assemblée nationale a adopté en procédure accélérée une proposition de loi qui veut apporter une réponse intégrale aux violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants. Le texte de sa commission spéciale, daté du 23 septembre 2026, rend l'enquête interne obligatoire après un signalement d'agression sexuelle, de harcèlement sexuel ou d'agissement sexiste. Il abaisse aussi à 50 salariés le seuil du référent de l'employeur et prévoit, dès ce même effectif, une formation des managers et des RH. Le Sénat doit encore examiner le texte : aucune de ces mesures ne s'applique au 21 octobre 2026.

Repérer : ce qu'un manager peut voir

Une situation de harcèlement ne se signale pas toujours d'elle-même. Le manager dispose pourtant d'indices concrets :

  • un collaborateur qui demande à changer de bureau, d'horaires ou d'équipe sans donner de raison ;
  • des retards, des arrêts courts ou un retrait des réunions chez une personne jusque-là présente ;
  • des surnoms, des plaisanteries ou des commentaires sur le physique qui visent toujours la même personne ;
  • des consignes contradictoires, des tâches retirées, un collègue exclu des échanges de l'équipe ;
  • des SMS reçus en soirée, ou une conversation de travail qui glisse vers une messagerie personnelle.

Aucun de ces indices ne prouve un harcèlement. Le manager les note avec leur date, en termes de faits observés, puis ouvre la discussion avec la personne concernée. Les hausses relevées par la Dares portent justement sur des comportements que l'entourage voit ou entend : blagues blessantes, propos obscènes.

Recueillir un signalement : écoute, confidentialité, traçabilité

Le cas travaillé le deuxième jour part d'une scène simple. Fanny demande un rendez-vous à Didier, son responsable d'agence. Elle raconte les messages qu'un collègue lui envoie le soir depuis trois mois, puis une remarque qu'il a faite devant un client. Elle demande que tout reste entre eux.

  1. Écouter. Didier reçoit Fanny dans un bureau fermé, coupe son téléphone et la laisse dérouler son récit. Il pose des questions ouvertes, du type « que s'est-il passé ensuite ? », et reformule. Il garde pour lui tout avis sur le collègue comme sur la réaction de Fanny.
  2. Dire la vérité sur la confidentialité. Didier ne peut pas promettre le secret absolu. Il explique qu'il doit informer la direction, que seules les personnes chargées du signalement en auront connaissance, et que la loi protège la salariée qui relate des faits de bonne foi.
  3. Garder une trace. Il consigne les faits avec les mots de Fanny : quoi, quand, où, devant qui. Puis il lui propose de rédiger son propre récit. Le Défenseur des droits recommande d'accuser réception de tout signalement et de demander les éléments disponibles : chronologie, messages, noms des témoins.
  4. Orienter. Il lui remet les coordonnées du référent, du médecin du travail et des élus du CSE.
  5. Faire remonter. Sans attendre, il informe la direction ou les RH par écrit.

Dans sa décision-cadre du 5 février 2025, le Défenseur des droits rappelle que les encadrants doivent rendre compte à la direction de tout signalement reçu, quelle qu'en soit la forme ; à défaut, leur responsabilité disciplinaire et pénale peut être engagée. L'orientation compte aussi. Dans le 18e baromètre de la même institution, 42 % des personnes discriminées dans leur carrière qui n'ont engagé aucune démarche pour faire reconnaître la situation disent ne pas avoir su vers qui se tourner.

Ce que le manager fait, et ce qu'il laisse à d'autres

La formation trace avec les participants la limite entre le travail du manager et celui des enquêteurs.

Le manager écoute, note, fait remonter, puis veille au quotidien : il propose à la direction des aménagements d'organisation, surveille les représailles et répond aux enquêteurs s'il est entendu comme témoin. Le Défenseur des droits recommande que les mesures de protection portent sur la situation de la personne mise en cause, pour que la victime présumée garde ses conditions de travail.

Plusieurs gestes sortent de son rôle :

  • conduire seul une enquête, interroger des collègues ou rassembler des preuves de sa propre initiative ;
  • convoquer la personne mise en cause, ou organiser une confrontation entre les deux ;
  • proposer lui-même une médiation : pour le harcèlement moral, l'article L1152-6 réserve cette initiative au salarié qui se dit victime ou au salarié mis en cause, et le médiateur est choisi d'un commun accord ;
  • dire à la personne qu'il « s'agit » ou ne « s'agit pas » de harcèlement ;
  • parler de l'affaire à l'équipe.

L'enquête interne : cadre et limites

Dans une décision du 14 janvier 2026, la chambre sociale de la Cour de cassation a posé qu'aucun article du Code du travail n'oblige l'employeur à mener une enquête interne après un signalement de harcèlement sexuel. L'affaire portait sur un licenciement : l'absence d'enquête ne suffisait pas à écarter les auditions et attestations produites. L'obligation de faire cesser les faits demeure, et l'enquête permet de les établir avant toute décision.

Un cas est encadré par le Code. Quand un élu du CSE constate une atteinte aux droits des personnes, par exemple des faits de harcèlement sexuel ou moral, il alerte aussitôt l'employeur, et celui-ci enquête sans délai avec lui (article L2312-59).

Pour le reste, la décision-cadre du Défenseur des droits propose des repères de méthode :

RecommandationCe que la direction met en place
DélaiOuvrir l'enquête dans un délai raisonnable, qui n'excède pas deux mois après le signalement
MéthodeFixer la méthodologie à l'avance, dans une décision prise après information des représentants du personnel
TraçabilitéMettre chaque étape par écrit, pour qu'un juge ou l'inspection du travail puisse la vérifier ensuite
ConfidentialitéRappeler la règle par écrit et faire signer une attestation aux personnes auditionnées et aux enquêteurs
ImpartialitéConfier l'enquête à au moins deux personnes, et la mener avec une personne extérieure au service où les faits se sont produits

Le manager peut être entendu comme témoin. La session lui apprend ce qu'il doit préserver avant ce moment : ses notes, la discrétion, l'absence de contact avec la personne mise en cause au sujet des faits. Movea ne conduit pas d'enquête et n'en supervise pas.

Prévenir : ce qui relève de l'entreprise et de l'équipe

La prévention commence avant tout signalement. L'article L4121-2 (7°) range le harcèlement moral, le harcèlement sexuel et les agissements sexistes parmi les risques que l'employeur intègre à son plan de prévention. Dans son rapport 2026 sur l'état du sexisme, le Haut Conseil à l'égalité recommande de rendre obligatoire la prise en compte des violences sexistes et sexuelles au travail dans le DUERP.

Le baromètre réalisé pour le Haut Conseil en novembre 2025 par Toluna Harris Interactive montre l'attente du public. 86 % des personnes interrogées se disent favorables à une obligation de prévention et de formation contre les violences sexistes et sexuelles au travail. Parmi les femmes, 7 % déclarent avoir déjà subi l'insistance d'un collègue masculin pour obtenir un rapport sexuel en échange d'une promotion ou d'une évolution de carrière.

La durée de la formation compte aussi. Le Défenseur des droits cite une évaluation publiée en 2024 : une action d'une journée, peu intense et surtout juridique, n'a pas eu d'effet mesurable sur les discriminations à l'embauche. Il recommande des formations répétées et d'une certaine intensité. Pour cette raison, la session Movea consacre sa deuxième journée aux mises en situation et se prolonge par un point à trois mois.

Dans l'équipe, la prévention passe par des gestes simples. Didier entend en réunion une remarque sur la tenue d'une collègue : il l'arrête sur le moment, rappelle la règle commune en une phrase, puis revoit l'auteur en tête à tête. Le groupe s'entraîne à ce type de réaction, puis rédige des règles d'équipe courtes, affichées à côté des contacts obligatoires. La formation risques psychosociaux replace ce risque dans la démarche d'ensemble du document unique.

Les limites de la formation

La session prépare chacun à son rôle. Plusieurs missions restent en dehors :

  • Movea ne réalise aucune enquête, interne ou externalisée, et n'en supervise aucune ;
  • Movea ne délivre pas de conseil juridique et ne qualifie pas une situation réelle : l'employeur s'adresse à son avocat ou à son service juridique ;
  • la session ne remplace pas la formation SSCT que le Code impose aux élus du CSE et à leur référent, fixée par l'article L2315-18 à cinq jours au moins pour un premier mandat ;
  • Movea n'assure aucun accompagnement psychologique des personnes concernées.

Une personne qui vit une situation de harcèlement peut s'adresser au médecin du travail, à l'inspection du travail, au Défenseur des droits pour le harcèlement sexuel et les discriminations, ou à un avocat. Une souffrance qui dure relève d'un médecin. Un désaccord entre collègues, sans soupçon de harcèlement, peut se traiter par une médiation en entreprise ; le guide de la médiation interne liste les cas où elle est à proscrire.

Harcèlement, conflits, agressivité ou RPS : quelle formation choisir ?

Quatre formations Movea touchent aux relations difficiles au travail. Celle-ci prépare au recueil d'un signalement et à la prévention du harcèlement. Les trois autres partent d'une autre situation.

Prévention du harcèlement (cette fiche)Gestion des conflitsAgressivité et incivilitésRisques psychosociaux
Situation de départUn signalement mal reçu, un référent qui vient d'être désigné, des remarques sexistes tolérées dans un serviceDeux collègues qui ne se parlent plus, un service qui bloque l'autre, un litige client qui dureUn public qui s'énerve au comptoir, des insultes à l'accueil, une agression qui a marqué l'équipeUn DUERP muet sur les risques psychosociaux, un signal du CSE, une réorganisation annoncée
Objectif principalDistinguer les trois notions légales, recueillir un signalement, savoir ce qui suit, prévenir dans l'équipeComprendre comment un conflit monte, entendre séparément chaque partie, mener une médiation à trois qui aboutit à des engagements écritsFaire retomber la tension en face à face, tenir un refus, déclencher l'alerte, soutenir l'agent après l'incidentClasser les facteurs de risque selon la grille du rapport Gollac, nourrir le document unique, repérer et orienter un salarié en difficulté
Public typeEncadrants de proximité, équipes RH, référents désignés, élus du CSE, chefs de petites entreprisesManagers, responsables RH et de la relation client, dirigeantsÉquipes d'accueil, de guichet, d'agence et de caisse, responsables de siteEncadrement, RH, représentants du personnel, dirigeants de petites entreprises

Une entreprise qui lance sa démarche de prévention peut commencer par les risques psychosociaux, puis former les personnes qui recevront les signalements. Une entreprise qui vient de recevoir un premier signalement commence par cette session.

Déroulé : cadrage, deux journées, point à trois mois

Le groupe compte au plus douze salariés de votre entreprise. Movea se déplace dans toute la France, ou anime à distance. Mêler encadrants, RH, référents et élus permet à chacun de suivre un signalement du premier entretien à la décision finale. Pour une seule personne, le coaching individuel reprend les mêmes contenus.

Le jour 1 pose les définitions, le droit et le repérage. Le jour 2 entraîne au recueil d'un signalement, explique l'enquête interne et construit la prévention au sein de l'équipe. Chacun quitte la session avec trois engagements datés ; au bout de trois mois, Movea revient vers lui pour mesurer ce qui a avancé.

Financer la formation prévention du harcèlement

Le prix couvre le groupe entier : 3 960 € HT les deux jours, soit 1 980 € HT la journée.

Les entreprises de moins de 50 salariés peuvent solliciter leur OPCO au titre du plan de développement des compétences ; dans certaines branches, la prise en charge couvre l'intégralité des frais pédagogiques. Les autres paient la session sur leurs fonds propres. Le CPF reste hors jeu pour une session intra.

Movea constitue le dossier OPCO avec vos RH et y joint la convention, le programme et les documents Qualiopi. Le catalogue Movea présente les autres formations. En bas de page, la liste des sources reprend les textes et études cités : Code du travail et Code pénal, décision de la Cour de cassation du 14 janvier 2026, décision-cadre et 18e baromètre du Défenseur des droits, enquête Dares 2024-2025, enquête Ifop de 2026, rapport et baromètre du Haut Conseil à l'égalité, proposition de loi adoptée par l'Assemblée nationale le 13 octobre 2026.

Sources et références