Formation Intelligence Émotionnelle du Manager
L'intelligence émotionnelle du manager est sa capacité à repérer, comprendre et apaiser les émotions qui traversent son équipe, les siennes comprises, pour conduire le travail collectif. Movea en fait un savoir-faire de management : lire l'état émotionnel d'une équipe, faire retomber une tension en réunion, annoncer une mauvaise nouvelle, répondre à la colère ou aux larmes d'un collaborateur en gardant son rôle de responsable. Les deux journées de sept heures réunissent jusqu'à douze managers, sur site ou par visioconférence.
Animée par un formateur du réseau Movea · Mise à jour le
L'essentiel
- La session porte sur l'usage managérial de l'intelligence émotionnelle : ce que le responsable perçoit dans son équipe, ce que son humeur propage autour de lui, ce qu'il dit dans les moments chargés.
- Le premier jour s'appuie sur les quatre branches décrites par Salovey et Mayer ; les expériences de Sigal Barsade sur la contagion émotionnelle éclairent l'effet de l'humeur du manager sur le groupe.
- Trois scènes occupent le deuxième jour : une réunion qui s'échauffe, une décision défavorable à annoncer, un collaborateur submergé en entretien. Dans la troisième, chacun apprend aussi à reconnaître le moment où le service de santé au travail ou la DRH doivent prendre le relais.
- Le budget s'établit à 3 960 € HT la session (deux fois 1 980 € HT), pour tout groupe de douze managers au plus. Un responsable seul peut préférer le coaching one to one, payé lui aussi 1 980 € HT par jour. Une part de ce coût, parfois sa totalité, peut revenir à l'OPCO, d'après la branche et l'effectif.
- Movea choisit l'intervenant parmi les formateurs de son réseau qui accompagnent des équipes dans les périodes tendues, et vous le présente au terme du cadrage.
Le déroulé pédagogique
Jour 1 : Lire les émotions de l'équipe et les siennes
- Module 1Quatre branches pour un manager : percevoir, utiliser, comprendre, réguler
Le groupe part du cadre publié par Peter Salovey et John Mayer en 1990, réorganisé en quatre branches en 1997, et le compare aux cinq composantes décrites par Daniel Goleman pour les dirigeants en 1998. Chaque manager range une scène récente de son équipe dans ces branches. Le module présente aussi ce que la recherche ne permet pas d'affirmer : le lien avec le leadership faiblit quand les mesures viennent de sources différentes, et l'autoévaluation renseigne mal.
- Module 2Lire l'état émotionnel d'une équipe
Chaque manager note ce qu'il observe dans son service : silences en réunion, ton des messages, retards, plaisanteries qui deviennent grinçantes. Il apprend à écrire le fait, puis l'hypothèse, puis à vérifier l'hypothèse en tête-à-tête. Une météo d'équipe de cinq minutes est testée en binôme.
- Module 3Contagion émotionnelle : ce que l'humeur du responsable propage
Les expériences de Sigal Barsade (2002) puis de Thomas Sy, Stéphane Côté et Richard Saavedra (2005) montrent qu'une humeur circule entre les membres d'un groupe et change leur façon de coopérer. Chaque manager repère les moments où son état fixe le ton de la journée. Il prépare une routine d'une minute pour l'avant-réunion.
Jour 2 : Agir dans les moments chargés
- Module 1Faire retomber une tension collective
Le formateur rejoue des réunions qui dérapent : un reproche lancé devant tout le monde, deux services qui se renvoient la faute, une salle qui se ferme après une annonce. Les managers s'entraînent à décrire la scène en une phrase factuelle, à ralentir l'échange, à faire parler ceux qui se taisent. Si le groupe ne peut plus trancher, ils reportent la décision à une date précise.
- Module 2Annoncer une mauvaise nouvelle
Le module adapte au management SPIKES, un protocole en six étapes conçu en cancérologie par Walter Baile, Robert Buckman et leurs collègues : préparer le cadre, savoir ce que l'équipe a compris, demander ce qu'elle veut savoir, annoncer, répondre aux émotions, fixer la suite. Chaque manager prépare l'annonce qu'il doit faire dans les semaines à venir et la joue devant le groupe.
- Module 3Répondre à l'émotion forte d'un collaborateur
Colère après un refus, larmes en entretien, sidération après une annonce : les managers s'exercent à reconnaître ce qu'ils voient, à laisser passer le temps qu'il faut, puis à revenir au travail et à ce qui dépend d'eux. Le module trace la limite du rôle, au-delà de laquelle le manager confie la suite à la médecine du travail, aux RH ou à un psychologue. Chacun repart avec trois engagements datés et la date du point prévu trois mois plus tard.
Objectifs pédagogiques
- Situer ses pratiques de manager dans les quatre branches du modèle de Salovey et Mayer
- Lire l'état émotionnel d'une équipe à partir de faits observables, avant toute interprétation
- Repérer ce que sa propre humeur propage dans l'équipe et s'y préparer avant un moment sensible
- Faire retomber une tension collective en réunion, puis décider ou fixer une date de reprise
- Annoncer une mauvaise nouvelle en six étapes et répondre aux réactions de l'équipe
- Répondre à l'émotion forte d'un collaborateur, tenir la limite de son rôle et savoir à qui confier la suite
Public et prérequis
- Managers de proximité qui traversent avec leur équipe une période chargée : réorganisation, surcharge, départs
- Chefs de service qui annoncent des décisions qu'ils n'ont pas toujours prises eux-mêmes
- Membres d'un comité de direction dont l'humeur donne le ton à plusieurs équipes
- Responsables RH qui épaulent les managers dans les situations sensibles
Conditions pratiques et tarif
| Durée | 2 jours, 14 heures |
|---|---|
| Programme | Jour 1 : Lire les émotions de l'équipe et les siennes ; Jour 2 : Agir dans les moments chargés |
| Format | intelligence émotionnelle en intra : vos locaux ou la visio, 12 personnes au plus |
| Prérequis | Avoir au moins un collaborateur à encadrer, en ligne hiérarchique ou sur un projet. Au cadrage, chaque manager raconte une réunion qui s'est tendue, une annonce délicate ou un entretien où un collaborateur a été submergé. Signalez à Movea, au moment du cadrage, tout handicap d'un manager inscrit : les jeux de rôle seront aménagés pour lui. |
| Animation | Formateur du réseau Movea, désigné au cadrage |
| Tarif | 3 960 € HT les deux jours (1 980 € HT par jour) |
| Objectif | Situer ses pratiques de manager dans les quatre branches du modèle de Salovey et Mayer |
| Financement | OPCO selon la branche, ou budget formation |
| Format individuel | Coaching one to one en intelligence émotionnelle, même tarif journalier, durée à la carte |
Qui anime cette formation
Côté animation, le formateur vient du réseau Movea ; il a l'habitude des managers aux prises avec le climat de leurs équipes et avec les échanges où l'émotion déborde. Le cadrage le désigne d'après le groupe : encadrants de proximité, chefs de service, comité de direction. Il construit chaque jeu de rôle avec les réunions tendues, les annonces et les entretiens délicats que les managers ont racontés, puis débriefe chaque passage avec une grille d'observation. Son terrain reste le rôle de manager : le soin et le suivi psychologique appartiennent aux professionnels de santé.
Formateurs du réseau Movea
4,8/5
Moyenne Movea, toutes formations confondues
Questions fréquentes
Que recouvre l'intelligence émotionnelle d'un manager ?
En quoi cette session se distingue-t-elle de la formation gestion des émotions ?
Peut-on mesurer son quotient émotionnel, ou QE ?
L'intelligence émotionnelle fait-elle un meilleur leader ?
Qu'est-ce que la contagion émotionnelle au travail ?
Le manager doit-il jouer au psychologue avec son équipe ?
Comment annoncer une mauvaise nouvelle à son équipe ?
Qui anime la formation intelligence émotionnelle du manager ?
Comment le programme se découpe-t-il entre les deux jours ?
Quel est le prix et comment financer la formation ?
Un manager peut-il travailler son intelligence émotionnelle en coaching individuel ?
Le CPF des managers peut-il financer la session ?
Dans quel délai la première journée peut-elle avoir lieu ?
Comment Movea mesure-t-il ce que les managers ont acquis ?
L'intelligence émotionnelle du manager, une compétence qui se joue en équipe
L'intelligence émotionnelle du manager est la capacité à lire, comprendre et réguler les émotions de son équipe et les siennes, au service du travail collectif. Elle se voit dans des moments précis : la réunion où personne ne parle après une annonce, l'entretien où un collaborateur s'effondre, le lundi matin où l'humeur du responsable décide de l'ambiance de la semaine. La formation Movea prépare les managers à ces moments, en deux jours et entre collègues d'une même entreprise.
Trois publications récentes décrivent l'attente qui pèse sur les managers et la prudence que réclame le sujet.
- En octobre 2025, l'Apec a consacré une étude à la santé mentale des cadres et des managers, fondée sur 2 000 cadres du privé interrogés en juin, dont 1 076 managers. Parmi ces managers, 93 % estiment qu'il leur revient de prévenir les problèmes de santé mentale dans leur équipe. 65 % jugent pourtant difficile de les repérer, et 49 % craignent de mal faire face à un collaborateur concerné.
- Dans son étude Cadres et management, parue le 20 janvier 2026, l'Apec relève de nouvelles attentes envers les managers : promouvoir le bien-être des équipes, garantir la cohésion, accompagner le changement. Plus des deux tiers des cadres y jugent que leur manager crée une ambiance positive. Les managers, eux, sont 51 % à travailler régulièrement sous pression, contre 36 % des cadres sans équipe.
- En juin 2025, John Mayer, David Caruso, Peter Salovey et leurs coauteurs ont fait paraître en accès libre, dans Frontiers in Psychology, la version révisée de leur test d'intelligence émotionnelle, le MSCEIT 2, étalonnée sur 3 000 personnes. La note que les participants s'attribuaient ne suivait pas leur résultat au test (corrélation de -0,07, proche de zéro).
Ces données situent la formation. Les entreprises comptent sur leurs managers pour tenir le climat des équipes, et une bonne partie d'entre eux se sentent mal préparés à le faire. Une autoévaluation flatteuse ne dit rien de ce qu'un responsable sait faire devant un collaborateur en larmes. La session travaille donc sur des scènes jouées, observées et débriefées.
Signaux côté entreprise : quand l'émotion pèse sur l'équipe
Le besoin se présente rarement sous l'étiquette « intelligence émotionnelle ». Il se lit dans des scènes comme celles-ci :
- une réorganisation annoncée devant une salle muette, suivie de longues discussions à la machine à café ;
- des tensions que la direction découvre par un arrêt de travail ou une démission, alors que l'équipe en parlait depuis des semaines ;
- de mauvaises nouvelles envoyées par message, ou repoussées jusqu'à ce que la rumeur les devance ;
- un responsable dont l'humeur du matin règle l'ambiance du service, au point que l'équipe guette son arrivée ;
- des managers pris de court par un collaborateur qui s'emporte ou pleure : ils promettent ce qu'ils ne pourront pas tenir, ou ils abrègent l'entretien.
Movea interroge d'abord le commanditaire sur ce que vivent les équipes : réorganisation en cours, départs récents, climat social. Chaque manager inscrit raconte ensuite une réunion tendue, une annonce à faire ou un entretien difficile. Le formateur bâtit ses jeux de rôle sur ces récits.
Le modèle en quatre branches, lu par un manager
Peter Salovey enseignait à Yale et John Mayer à l'université du New Hampshire lorsqu'ils ont proposé, en 1990, un cadre de recherche sur l'intelligence émotionnelle. En 1997, ils l'ont réorganisé en quatre branches, des aptitudes les plus simples aux plus élaborées. Le test MSCEIT évalue ces quatre domaines, et sa version de 2025 en garde l'architecture. La formation traduit chaque branche en gestes de management.
| Branche | Geste du manager | Scène d'équipe |
|---|---|---|
| Percevoir les émotions | Repérer les signes d'une émotion chez lui et chez les autres : visage, voix, gestes, silences | Remarquer qu'une collaboratrice d'habitude bavarde n'a rien dit de toute la réunion |
| S'en servir pour penser | Choisir le moment et l'état d'esprit qui conviennent à la tâche | Tenir un atelier d'idées un autre jour que l'annonce d'un plan d'économies |
| Comprendre les émotions | Anticiper l'évolution d'une émotion et identifier ce qui la déclenche | Voir qu'une frustration restée sans réponse tourne à l'irritation, puis au repli |
| Les réguler | Agir sur ses propres émotions et aider l'équipe à agir sur les siennes | Ralentir une réunion qui s'échauffe, laisser un temps de réaction après une annonce |
Le journaliste scientifique Daniel Goleman a rendu la notion célèbre avec son livre Emotional Intelligence, en 1995. En 1998, il l'a appliquée aux dirigeants dans la Harvard Business Review. Son article What Makes a Leader? s'appuie sur des travaux menés dans près de 200 grandes entreprises. Il y retient cinq composantes : se connaître, se maîtriser, se motiver, l'empathie et l'habileté dans les relations. Son modèle mélange aptitudes et traits de personnalité. La formation suit celui de Salovey et Mayer, limité aux aptitudes, plus facile à entraîner et à observer.
L'article de Mathias Nizan, fondateur de Movea, sur l'intelligence émotionnelle pour managers détaille chaque branche et propose des rituels individuels. Cette fiche décrit la session de groupe et ce qu'elle change au quotidien d'un service.
La contagion émotionnelle : ce que l'humeur du manager propage
La contagion émotionnelle est le passage d'une humeur entre les membres d'un groupe, le plus souvent par imitation des expressions, du ton et des gestes. Sigal Barsade l'a mesurée en 2002 dans Administrative Science Quarterly. Dans son expérience, 94 étudiants d'école de commerce, en 29 groupes, jouaient des chefs de service qui se partagent une enveloppe de primes. Le même étudiant en art dramatique, présenté comme un participant, affichait dans chaque groupe une humeur décidée à l'avance. Les participants ont pris son humeur, d'après leurs propres réponses et d'après des observateurs extérieurs. Les groupes exposés à une humeur agréable ont mieux coopéré, ont connu moins de conflits et ont jugé leur travail plus réussi.
En 2005, Thomas Sy, Stéphane Côté et Richard Saavedra ont placé l'humeur chez le responsable du groupe. Le Journal of Applied Psychology a publié leur étude, qui compare des groupes conduits par un responsable de bonne ou de mauvaise humeur. Avec un responsable de bonne humeur, les membres se sentaient mieux. Leur groupe se coordonnait aussi mieux. Les groupes dont le responsable était de mauvaise humeur fournissaient davantage d'effort.
Pour un manager, la conséquence est pratique. Avant une réunion à enjeu, il fait le point sur son état en une minute : fatigue, agacement, inquiétude. Il choisit ce qu'il montre à l'équipe et ce qu'il garde pour un autre moment. Il sait aussi qu'une humeur sombre peut pousser l'équipe à l'effort, au prix de la coordination. Mathias Nizan consacre un article à l'empathie au travail ; il y décrit une empathie émotionnelle très proche de cette contagion.
Ce que la recherche permet d'affirmer
L'intelligence émotionnelle a connu un grand succès en entreprise, et les promesses ont souvent devancé les preuves. Deux résultats servent de garde-fou pendant la session.
Le lien avec le leadership dépend de la façon de mesurer. En 2010, Peter Harms et Marcus Credé ont publié une méta-analyse sur 62 échantillons indépendants. Lorsqu'une même source notait l'intelligence émotionnelle et le leadership transformationnel, la corrélation montait à 0,59. Avec des sources distinctes, elle descendait à 0,12. Les questionnaires de traits donnaient des liens plus forts que les tests d'aptitude. L'accord entre sources restait faible pour les deux notions.
Se noter soi-même renseigne peu. Dans l'étalonnage du MSCEIT 2, l'autoévaluation des participants et leurs résultats au test ne variaient pas ensemble. Un manager certain de bien lire son équipe peut se tromper, et un manager qui doute de lui peut voir juste.
Movea en tire deux règles pour la session. Aucun participant ne reçoit de score de quotient émotionnel. Chacun travaille sur des gestes que le groupe et le formateur voient, puis commentent avec lui.
Quatre situations entraînées pendant les deux jours
Lire l'état émotionnel de l'équipe. Le manager part de faits : qui parle en réunion et qui se tait, le ton des messages, les retards, les plaisanteries qui changent de registre. Il note le fait, puis son hypothèse, puis la vérifie par une question ouverte posée en tête-à-tête. La session teste aussi une météo d'équipe : en début de réunion, chacun dit en un mot dans quel état il arrive, et personne ne commente. Dans l'étude de l'Apec sur la santé mentale, une cadre raconte qu'elle ouvre toujours ses réunions par la même question à son équipe : comment chacun se sent-il ?
Faire retomber une tension collective. La méthode travaillée tient en quatre temps :
- Décrire la scène en une phrase factuelle : « Le ton monte, et deux avis s'opposent sur le planning. »
- Ralentir : reformuler chaque position, l'une après l'autre, et noter les points d'accord au tableau.
- Faire parler ceux qui se taisent, par un tour de table court.
- Trancher, ou reporter : si le groupe ne peut plus décider, fixer la date de reprise et ce que chacun prépare d'ici là.
Quand deux personnes ont cessé de coopérer, la tension a dépassé la réunion. Ce cas relève alors d'une autre session, centrée sur le traitement des conflits, médiation comprise.
Annoncer une mauvaise nouvelle. Le protocole SPIKES vient de la médecine. Walter Baile, Robert Buckman et leurs collègues l'ont décrit dans The Oncologist, en 2000, pour l'annonce d'un cancer. La formation l'applique aux annonces de travail :
| Étape du protocole | Ce que fait le manager |
|---|---|
| Setting, le cadre | Réunir l'équipe de vive voix, dans un lieu calme, avec du temps pour les questions |
| Perception, ce que l'équipe sait | Demander ce qui circule déjà, pour corriger les rumeurs |
| Invitation, ce qu'elle veut savoir | Vérifier le niveau de détail attendu : décision, calendrier, effets pour chacun |
| Knowledge, l'annonce | Prévenir qu'une décision difficile arrive, puis la dire en phrases courtes, avec ses raisons |
| Emotions, les réactions | Laisser un silence, dire ce qu'il observe, répondre aux questions |
| Strategy and summary, la suite | Résumer, fixer le prochain point d'information, envoyer un écrit le jour même |
Exemple : Rémi dirige un service client de quinze personnes. La direction supprime l'équipe du samedi et refait les plannings pour le mois suivant. Rémi réunit son équipe le lundi, demande ce que chacun a entendu, annonce la décision en trois phrases, puis laisse parler. Il répond aux questions dont il connaît la réponse et note les autres. Il donne la date à laquelle il reviendra vers l'équipe, et le compte rendu part le soir même. La courbe du changement, que Mathias Nizan présente sur le blog de Movea, décrit les réactions qui suivent souvent ce genre d'annonce.
Répondre à l'émotion forte d'un collaborateur. Exemple : Solène, cheffe de projet, apprend en entretien que le poste qu'elle visait revient à un collègue. Elle se met à pleurer, puis s'excuse de pleurer. Son manager la laisse reprendre son souffle et lui dit qu'il voit que la nouvelle la touche. Il lui propose une pause. La décision reste la même. Il fixe un second rendez-vous dans la semaine pour parler de la suite de son parcours.
Le rôle du manager s'arrête là où commence le soin. Un collaborateur qui dort mal depuis des semaines, dont la détresse dure ou qui parle d'idées noires doit voir un soignant : le médecin du travail, son généraliste ou un psychologue. Face à des pensées suicidaires, le manager peut indiquer le 3114, ligne gratuite ouverte à toute heure. Pour l'épuisement, un article du blog consacré aux signes de burn out chez un collaborateur aide à faire le tri, et la formation risques psychosociaux situe le manager parmi les acteurs de la prévention.
Intelligence émotionnelle du manager, gestion des émotions ou leadership : quelle formation choisir ?
Management et émotions se retrouvent dans ces trois fiches, par des portes différentes. La gestion des émotions travaille les réactions de la personne elle-même. Le leadership porte sur le cap, les décisions et le style. Cette formation se place entre les deux : l'émotion qui circule dans une équipe, et la réponse du manager.
| Intelligence émotionnelle du manager (cette fiche) | Gestion des émotions | Leadership | |
|---|---|---|---|
| Situation de départ | Une équipe tendue, une annonce difficile à faire, un collaborateur submergé, un climat suspendu à l'humeur du chef | Ses propres réactions qui échappent : emportement après une remarque, larmes, inquiétude envahissante | Un cap flou, des recadrages repoussés, une réorganisation à conduire |
| Objectif principal | Lire l'état émotionnel du groupe, apaiser une tension, annoncer, répondre à une émotion forte et orienter | Nommer ses émotions, réévaluer une situation, différer sa réponse grâce à la régulation émotionnelle | Diagnostiquer son style, porter une vision, décider, mener les entretiens managériaux |
| Repères théoriques | Salovey et Mayer, Goleman, Barsade, protocole SPIKES | Ekman, Gross, étiquetage affectif | Hersey et Blanchard, Burns et Bass, Greenleaf |
| Public type | Encadrants de terrain, responsables de service, membres de la direction, RH | Managers, conseillers et soignants exposés au public, experts promus responsables | Managers, cadres, dirigeants |
Pour la reformulation et les questions ouvertes, la formation écoute active consacre une journée entière à ces gestes. Le dossier Movea sur les émotions au travail détaille les techniques de régulation personnelle, et le dossier sur le leadership présente les styles de management.
Cadrage, deux journées en groupe, point à trois mois
Les managers inscrits, douze au plus et tous salariés de la même société, travaillent ensemble pendant les deux journées. Le formateur anime dans vos locaux, de Lille à Marseille, ou en visio, caméras allumées, avec le même programme. Réunir managers de proximité et membres de la direction aide à partager une même lecture du climat des équipes. Pour un manager isolé, le même travail existe en coaching individuel, à la carte.
Au premier jour, chaque manager établit la carte émotionnelle de son équipe à partir de faits, puis prépare sa routine d'avant-réunion. Le second jour, il joue l'annonce qu'il doit faire et une réponse à un collaborateur submergé, devant un observateur. Il repart avec trois engagements datés. Un trimestre après, Movea revient vers lui : quels engagements tiennent, lesquels restent à lancer.
Financer la formation intelligence émotionnelle du manager
Former jusqu'à douze managers à ces gestes coûte 3 960 € HT : la journée vaut 1 980 € HT.
L'OPCO peut rembourser la somme en partie ou en entier, selon des règles propres à chaque branche et à chaque taille d'entreprise. Les fonds qu'il gère pour le plan de développement des compétences restent ouverts aux seuls employeurs de moins de 50 salariés. Sans prise en charge, la session s'impute sur les fonds de formation de l'entreprise ; le CPF n'a pas sa place dans ce format intra.
Movea est certifié Qualiopi pour ses actions de formation. Il monte le dossier avec vous et fournit pour la demande la convention, le programme détaillé et les justificatifs. Les autres formations figurent au catalogue Movea. Apec, Salovey et Mayer, MSCEIT 2, article de Goleman de 1998, Barsade, Sy, Côté et Saavedra, Harms et Credé, protocole SPIKES : toutes ces références sont listées en bas de page.
Sources et références
- Apec (2025)
- Apec (2026)
- Frontiers in Psychology (John D. Mayer, David R. Caruso, Peter Salovey et al.) (2025)
- Imagination, Cognition and Personality (Peter Salovey, John D. Mayer), notice de l'université du New Hampshire (1990)
- Harvard Business Review (Daniel Goleman) (1998)
- Administrative Science Quarterly (Sigal G. Barsade), dépôt de l'université de Pennsylvanie (2002)
- Journal of Applied Psychology (Thomas Sy, Stéphane Côté, Richard Saavedra) (2005)
- Journal of Leadership & Organizational Studies (Peter D. Harms, Marcus Credé), dépôt de l'université du Nebraska-Lincoln (2010)
- The Oncologist (Walter F. Baile, Robert Buckman et al.) (2000)