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Formation

Formation Intelligence Émotionnelle du Manager

L'intelligence émotionnelle du manager est sa capacité à repérer, comprendre et apaiser les émotions qui traversent son équipe, les siennes comprises, pour conduire le travail collectif. Movea en fait un savoir-faire de management : lire l'état émotionnel d'une équipe, faire retomber une tension en réunion, annoncer une mauvaise nouvelle, répondre à la colère ou aux larmes d'un collaborateur en gardant son rôle de responsable. Les deux journées de sept heures réunissent jusqu'à douze managers, sur site ou par visioconférence.

Animée par un formateur du réseau Movea · Mise à jour le

Qualiopi2 jours, 14 heuresPrésentiel · Distanciel · Intra-entrepriseJusqu'à 12 personnes1 980 € HT / jour

L'essentiel

  • La session porte sur l'usage managérial de l'intelligence émotionnelle : ce que le responsable perçoit dans son équipe, ce que son humeur propage autour de lui, ce qu'il dit dans les moments chargés.
  • Le premier jour s'appuie sur les quatre branches décrites par Salovey et Mayer ; les expériences de Sigal Barsade sur la contagion émotionnelle éclairent l'effet de l'humeur du manager sur le groupe.
  • Trois scènes occupent le deuxième jour : une réunion qui s'échauffe, une décision défavorable à annoncer, un collaborateur submergé en entretien. Dans la troisième, chacun apprend aussi à reconnaître le moment où le service de santé au travail ou la DRH doivent prendre le relais.
  • Le budget s'établit à 3 960 € HT la session (deux fois 1 980 € HT), pour tout groupe de douze managers au plus. Un responsable seul peut préférer le coaching one to one, payé lui aussi 1 980 € HT par jour. Une part de ce coût, parfois sa totalité, peut revenir à l'OPCO, d'après la branche et l'effectif.
  • Movea choisit l'intervenant parmi les formateurs de son réseau qui accompagnent des équipes dans les périodes tendues, et vous le présente au terme du cadrage.

Le déroulé pédagogique

01

Jour 1 : Lire les émotions de l'équipe et les siennes

  • Module 1
    Quatre branches pour un manager : percevoir, utiliser, comprendre, réguler

    Le groupe part du cadre publié par Peter Salovey et John Mayer en 1990, réorganisé en quatre branches en 1997, et le compare aux cinq composantes décrites par Daniel Goleman pour les dirigeants en 1998. Chaque manager range une scène récente de son équipe dans ces branches. Le module présente aussi ce que la recherche ne permet pas d'affirmer : le lien avec le leadership faiblit quand les mesures viennent de sources différentes, et l'autoévaluation renseigne mal.

  • Module 2
    Lire l'état émotionnel d'une équipe

    Chaque manager note ce qu'il observe dans son service : silences en réunion, ton des messages, retards, plaisanteries qui deviennent grinçantes. Il apprend à écrire le fait, puis l'hypothèse, puis à vérifier l'hypothèse en tête-à-tête. Une météo d'équipe de cinq minutes est testée en binôme.

  • Module 3
    Contagion émotionnelle : ce que l'humeur du responsable propage

    Les expériences de Sigal Barsade (2002) puis de Thomas Sy, Stéphane Côté et Richard Saavedra (2005) montrent qu'une humeur circule entre les membres d'un groupe et change leur façon de coopérer. Chaque manager repère les moments où son état fixe le ton de la journée. Il prépare une routine d'une minute pour l'avant-réunion.

02

Jour 2 : Agir dans les moments chargés

  • Module 1
    Faire retomber une tension collective

    Le formateur rejoue des réunions qui dérapent : un reproche lancé devant tout le monde, deux services qui se renvoient la faute, une salle qui se ferme après une annonce. Les managers s'entraînent à décrire la scène en une phrase factuelle, à ralentir l'échange, à faire parler ceux qui se taisent. Si le groupe ne peut plus trancher, ils reportent la décision à une date précise.

  • Module 2
    Annoncer une mauvaise nouvelle

    Le module adapte au management SPIKES, un protocole en six étapes conçu en cancérologie par Walter Baile, Robert Buckman et leurs collègues : préparer le cadre, savoir ce que l'équipe a compris, demander ce qu'elle veut savoir, annoncer, répondre aux émotions, fixer la suite. Chaque manager prépare l'annonce qu'il doit faire dans les semaines à venir et la joue devant le groupe.

  • Module 3
    Répondre à l'émotion forte d'un collaborateur

    Colère après un refus, larmes en entretien, sidération après une annonce : les managers s'exercent à reconnaître ce qu'ils voient, à laisser passer le temps qu'il faut, puis à revenir au travail et à ce qui dépend d'eux. Le module trace la limite du rôle, au-delà de laquelle le manager confie la suite à la médecine du travail, aux RH ou à un psychologue. Chacun repart avec trois engagements datés et la date du point prévu trois mois plus tard.

Objectifs pédagogiques

  • Situer ses pratiques de manager dans les quatre branches du modèle de Salovey et Mayer
  • Lire l'état émotionnel d'une équipe à partir de faits observables, avant toute interprétation
  • Repérer ce que sa propre humeur propage dans l'équipe et s'y préparer avant un moment sensible
  • Faire retomber une tension collective en réunion, puis décider ou fixer une date de reprise
  • Annoncer une mauvaise nouvelle en six étapes et répondre aux réactions de l'équipe
  • Répondre à l'émotion forte d'un collaborateur, tenir la limite de son rôle et savoir à qui confier la suite

Public et prérequis

  • Managers de proximité qui traversent avec leur équipe une période chargée : réorganisation, surcharge, départs
  • Chefs de service qui annoncent des décisions qu'ils n'ont pas toujours prises eux-mêmes
  • Membres d'un comité de direction dont l'humeur donne le ton à plusieurs équipes
  • Responsables RH qui épaulent les managers dans les situations sensibles

Conditions pratiques et tarif

Récapitulatif de la Formation Intelligence Émotionnelle du Manager
Durée2 jours, 14 heures
ProgrammeJour 1 : Lire les émotions de l'équipe et les siennes ; Jour 2 : Agir dans les moments chargés
Formatintelligence émotionnelle en intra : vos locaux ou la visio, 12 personnes au plus
PrérequisAvoir au moins un collaborateur à encadrer, en ligne hiérarchique ou sur un projet. Au cadrage, chaque manager raconte une réunion qui s'est tendue, une annonce délicate ou un entretien où un collaborateur a été submergé. Signalez à Movea, au moment du cadrage, tout handicap d'un manager inscrit : les jeux de rôle seront aménagés pour lui.
AnimationFormateur du réseau Movea, désigné au cadrage
Tarif3 960 € HT les deux jours (1 980 € HT par jour)
ObjectifSituer ses pratiques de manager dans les quatre branches du modèle de Salovey et Mayer
FinancementOPCO selon la branche, ou budget formation
Format individuelCoaching one to one en intelligence émotionnelle, même tarif journalier, durée à la carte
Intervenants

Qui anime cette formation

Côté animation, le formateur vient du réseau Movea ; il a l'habitude des managers aux prises avec le climat de leurs équipes et avec les échanges où l'émotion déborde. Le cadrage le désigne d'après le groupe : encadrants de proximité, chefs de service, comité de direction. Il construit chaque jeu de rôle avec les réunions tendues, les annonces et les entretiens délicats que les managers ont racontés, puis débriefe chaque passage avec une grille d'observation. Son terrain reste le rôle de manager : le soin et le suivi psychologique appartiennent aux professionnels de santé.

Avis des participants

4,8/5

Moyenne Movea, toutes formations confondues

Méthode de mesure

Questions fréquentes

Que recouvre l'intelligence émotionnelle d'un manager ?
C'est sa capacité à repérer ce que vivent ses collaborateurs et ce qu'il vit lui-même, à comprendre d'où viennent ces émotions et à agir sur elles pour que l'équipe continue à travailler ensemble. Peter Salovey et John Mayer ont posé la notion en 1990, puis l'ont découpée en 1997 en quatre aptitudes : percevoir les émotions, s'en servir pour réfléchir, les comprendre, les gérer chez soi comme chez autrui. La formation applique ces quatre aptitudes à la vie d'une équipe.
En quoi cette session se distingue-t-elle de la formation gestion des émotions ?
La formation gestion des émotions apprend à chacun à réguler ses propres réactions : nommer l'émotion, revoir son interprétation, différer sa réponse. La formation intelligence émotionnelle du manager part du rôle de responsable et regarde le groupe : l'état émotionnel de l'équipe, l'effet de l'humeur du chef, les annonces difficiles, la réponse à un collaborateur submergé. Un manager qui s'emporte vite commence par la première. Un manager qui doit tenir son équipe dans une période tendue choisit la seconde.
Peut-on mesurer son quotient émotionnel, ou QE ?
Plusieurs tests existent, de qualité inégale. Le MSCEIT, conçu par John Mayer, Peter Salovey et David Caruso, fait résoudre des problèmes, par exemple reconnaître une émotion sur un visage. Sa version révisée, le MSCEIT 2, a été publiée en 2025 dans Frontiers in Psychology et étalonnée sur 3 000 personnes. Dans cette étude, la note que chacun se donnait ne suivait pas son résultat au test : la corrélation était de -0,07. La session s'appuie sur des mises en situation observées et débriefées, et aucun score de QE n'y est calculé.
L'intelligence émotionnelle fait-elle un meilleur leader ?
La recherche invite à la prudence. En 2010, Peter Harms et Marcus Credé ont réuni 62 échantillons dans une méta-analyse. Lorsque la même personne évaluait l'intelligence émotionnelle et le leadership transformationnel, la corrélation atteignait 0,59. Elle tombait à 0,12 avec deux sources différentes, par exemple le manager pour l'une et ses collaborateurs pour l'autre. Les questionnaires de traits donnaient aussi des liens plus forts que les tests d'aptitude. La formation entraîne donc des gestes que l'équipe peut constater.
Qu'est-ce que la contagion émotionnelle au travail ?
Sigal Barsade la définit comme le transfert d'une humeur entre les membres d'un groupe. Dans son expérience publiée en 2002, 94 étudiants d'école de commerce, répartis en 29 groupes, jouaient un comité chargé de répartir une enveloppe de primes. Un étudiant en théâtre, glissé dans chaque groupe comme simple participant, jouait une humeur fixée à l'avance, et l'humeur des autres a suivi la sienne. Là où l'humeur transmise était agréable, les membres coopéraient mieux et se disputaient moins.
Le manager doit-il jouer au psychologue avec son équipe ?
Non. Son travail consiste à remarquer qu'un collaborateur va mal, à lui en parler, à agir sur ce qui dépend du travail lui-même et à passer le relais. Le diagnostic et les soins reviennent au médecin du travail, au généraliste ou à un psychologue. Dans l'étude de l'Apec parue en octobre 2025, 43 % des managers trouvent difficile de séparer ce qui relève de leur responsabilité de ce qui revient à d'autres, et 32 % peinent à savoir vers qui orienter. La session travaille cette frontière sur des cas concrets.
Comment annoncer une mauvaise nouvelle à son équipe ?
La formation suit six étapes inspirées du protocole SPIKES, conçu en 2000 pour l'annonce en cancérologie. Choisir un lieu et un moment, demander à l'équipe ce qu'elle sait déjà, vérifier le niveau de détail qu'elle attend, annoncer la décision en phrases courtes, laisser venir les réactions et y répondre, puis dire ce qui se passera ensuite. L'annonce se fait de vive voix, avec du temps réservé aux questions, et un écrit envoyé le jour même fixe les faits.
Qui anime la formation intelligence émotionnelle du manager ?
Movea retient pour votre groupe un formateur du réseau habitué à travailler avec des managers sur la part émotionnelle de leur fonction. Le niveau hiérarchique des participants et les scènes recueillies guident ce choix, fait pendant le cadrage. Vous découvrez son nom et son parcours avant tout engagement.
Comment le programme se découpe-t-il entre les deux jours ?
Le premier jour est consacré à la lecture : modèle de Salovey et Mayer, signaux émis par l'équipe, contagion de l'humeur du manager. Le second passe à l'action sur trois scènes : une réunion qui s'échauffe, une annonce défavorable, un collaborateur submergé. Chaque journée dure 7 heures. Si les deux journées sont espacées, par exemple de trois semaines, les managers observent leur équipe entre-temps avec la grille du premier jour.
Quel est le prix et comment financer la formation ?
La facture porte sur le groupe entier : 1 980 € HT multipliés par deux journées, soit 3 960 € HT, jusqu'à douze managers, et le prix reste le même pour un groupe plus petit. L'OPCO peut en rembourser tout ou partie ; le taux varie d'une branche à l'autre et selon l'effectif. Les fonds de l'OPCO réservés au plan ne sont ouverts qu'aux structures de moins de 50 salariés ; les autres règlent la session sur leurs ressources. Movea prépare le dossier avec la personne chargée de la formation chez vous.
Un manager peut-il travailler son intelligence émotionnelle en coaching individuel ?
Oui. En one to one, une journée de coaching se facture 1 980 € HT, comme une journée en groupe. Les séances ont lieu dans vos murs ou en visio, à un rythme que le manager fixe avec le coach. Ce format sert le manager qui prépare une annonce lourde, ou celui qui sent que son humeur pèse sur son service. Le format collectif a un autre atout : toute une ligne managériale repart avec les mêmes repères pour lire le climat des équipes.
Le CPF des managers peut-il financer la session ?
Non. L'entreprise inscrit ses managers et finance la session, avec ou sans OPCO. Les droits CPF des participants restent intacts.
Dans quel délai la première journée peut-elle avoir lieu ?
Le délai habituel va de quatre à six semaines après votre demande. Le devis vous arrive sous un jour ouvré. Si vous sollicitez l'OPCO, sa réponse arrive d'ordinaire dans les quinze jours. Ce délai laisse au formateur le temps de préparer les scènes : un échange avec le commanditaire, suivi de la collecte des réunions tendues, des annonces et des entretiens délicats à rejouer.
Comment Movea mesure-t-il ce que les managers ont acquis ?
Avant de partir, chaque manager répond à quelques questions sur les quatre branches, la contagion et le protocole d'annonce, puis note la session. Une grille d'observation sert au formateur à chaque jeu de rôle. Trois mois après, Movea demande à chacun quelles annonces il a faites, quelles tensions il a apaisées et ce qui a changé dans ses réunions.

L'intelligence émotionnelle du manager, une compétence qui se joue en équipe

L'intelligence émotionnelle du manager est la capacité à lire, comprendre et réguler les émotions de son équipe et les siennes, au service du travail collectif. Elle se voit dans des moments précis : la réunion où personne ne parle après une annonce, l'entretien où un collaborateur s'effondre, le lundi matin où l'humeur du responsable décide de l'ambiance de la semaine. La formation Movea prépare les managers à ces moments, en deux jours et entre collègues d'une même entreprise.

Trois publications récentes décrivent l'attente qui pèse sur les managers et la prudence que réclame le sujet.

  • En octobre 2025, l'Apec a consacré une étude à la santé mentale des cadres et des managers, fondée sur 2 000 cadres du privé interrogés en juin, dont 1 076 managers. Parmi ces managers, 93 % estiment qu'il leur revient de prévenir les problèmes de santé mentale dans leur équipe. 65 % jugent pourtant difficile de les repérer, et 49 % craignent de mal faire face à un collaborateur concerné.
  • Dans son étude Cadres et management, parue le 20 janvier 2026, l'Apec relève de nouvelles attentes envers les managers : promouvoir le bien-être des équipes, garantir la cohésion, accompagner le changement. Plus des deux tiers des cadres y jugent que leur manager crée une ambiance positive. Les managers, eux, sont 51 % à travailler régulièrement sous pression, contre 36 % des cadres sans équipe.
  • En juin 2025, John Mayer, David Caruso, Peter Salovey et leurs coauteurs ont fait paraître en accès libre, dans Frontiers in Psychology, la version révisée de leur test d'intelligence émotionnelle, le MSCEIT 2, étalonnée sur 3 000 personnes. La note que les participants s'attribuaient ne suivait pas leur résultat au test (corrélation de -0,07, proche de zéro).

Ces données situent la formation. Les entreprises comptent sur leurs managers pour tenir le climat des équipes, et une bonne partie d'entre eux se sentent mal préparés à le faire. Une autoévaluation flatteuse ne dit rien de ce qu'un responsable sait faire devant un collaborateur en larmes. La session travaille donc sur des scènes jouées, observées et débriefées.

Signaux côté entreprise : quand l'émotion pèse sur l'équipe

Le besoin se présente rarement sous l'étiquette « intelligence émotionnelle ». Il se lit dans des scènes comme celles-ci :

  • une réorganisation annoncée devant une salle muette, suivie de longues discussions à la machine à café ;
  • des tensions que la direction découvre par un arrêt de travail ou une démission, alors que l'équipe en parlait depuis des semaines ;
  • de mauvaises nouvelles envoyées par message, ou repoussées jusqu'à ce que la rumeur les devance ;
  • un responsable dont l'humeur du matin règle l'ambiance du service, au point que l'équipe guette son arrivée ;
  • des managers pris de court par un collaborateur qui s'emporte ou pleure : ils promettent ce qu'ils ne pourront pas tenir, ou ils abrègent l'entretien.

Movea interroge d'abord le commanditaire sur ce que vivent les équipes : réorganisation en cours, départs récents, climat social. Chaque manager inscrit raconte ensuite une réunion tendue, une annonce à faire ou un entretien difficile. Le formateur bâtit ses jeux de rôle sur ces récits.

Le modèle en quatre branches, lu par un manager

Peter Salovey enseignait à Yale et John Mayer à l'université du New Hampshire lorsqu'ils ont proposé, en 1990, un cadre de recherche sur l'intelligence émotionnelle. En 1997, ils l'ont réorganisé en quatre branches, des aptitudes les plus simples aux plus élaborées. Le test MSCEIT évalue ces quatre domaines, et sa version de 2025 en garde l'architecture. La formation traduit chaque branche en gestes de management.

BrancheGeste du managerScène d'équipe
Percevoir les émotionsRepérer les signes d'une émotion chez lui et chez les autres : visage, voix, gestes, silencesRemarquer qu'une collaboratrice d'habitude bavarde n'a rien dit de toute la réunion
S'en servir pour penserChoisir le moment et l'état d'esprit qui conviennent à la tâcheTenir un atelier d'idées un autre jour que l'annonce d'un plan d'économies
Comprendre les émotionsAnticiper l'évolution d'une émotion et identifier ce qui la déclencheVoir qu'une frustration restée sans réponse tourne à l'irritation, puis au repli
Les régulerAgir sur ses propres émotions et aider l'équipe à agir sur les siennesRalentir une réunion qui s'échauffe, laisser un temps de réaction après une annonce

Le journaliste scientifique Daniel Goleman a rendu la notion célèbre avec son livre Emotional Intelligence, en 1995. En 1998, il l'a appliquée aux dirigeants dans la Harvard Business Review. Son article What Makes a Leader? s'appuie sur des travaux menés dans près de 200 grandes entreprises. Il y retient cinq composantes : se connaître, se maîtriser, se motiver, l'empathie et l'habileté dans les relations. Son modèle mélange aptitudes et traits de personnalité. La formation suit celui de Salovey et Mayer, limité aux aptitudes, plus facile à entraîner et à observer.

L'article de Mathias Nizan, fondateur de Movea, sur l'intelligence émotionnelle pour managers détaille chaque branche et propose des rituels individuels. Cette fiche décrit la session de groupe et ce qu'elle change au quotidien d'un service.

La contagion émotionnelle : ce que l'humeur du manager propage

La contagion émotionnelle est le passage d'une humeur entre les membres d'un groupe, le plus souvent par imitation des expressions, du ton et des gestes. Sigal Barsade l'a mesurée en 2002 dans Administrative Science Quarterly. Dans son expérience, 94 étudiants d'école de commerce, en 29 groupes, jouaient des chefs de service qui se partagent une enveloppe de primes. Le même étudiant en art dramatique, présenté comme un participant, affichait dans chaque groupe une humeur décidée à l'avance. Les participants ont pris son humeur, d'après leurs propres réponses et d'après des observateurs extérieurs. Les groupes exposés à une humeur agréable ont mieux coopéré, ont connu moins de conflits et ont jugé leur travail plus réussi.

En 2005, Thomas Sy, Stéphane Côté et Richard Saavedra ont placé l'humeur chez le responsable du groupe. Le Journal of Applied Psychology a publié leur étude, qui compare des groupes conduits par un responsable de bonne ou de mauvaise humeur. Avec un responsable de bonne humeur, les membres se sentaient mieux. Leur groupe se coordonnait aussi mieux. Les groupes dont le responsable était de mauvaise humeur fournissaient davantage d'effort.

Pour un manager, la conséquence est pratique. Avant une réunion à enjeu, il fait le point sur son état en une minute : fatigue, agacement, inquiétude. Il choisit ce qu'il montre à l'équipe et ce qu'il garde pour un autre moment. Il sait aussi qu'une humeur sombre peut pousser l'équipe à l'effort, au prix de la coordination. Mathias Nizan consacre un article à l'empathie au travail ; il y décrit une empathie émotionnelle très proche de cette contagion.

Ce que la recherche permet d'affirmer

L'intelligence émotionnelle a connu un grand succès en entreprise, et les promesses ont souvent devancé les preuves. Deux résultats servent de garde-fou pendant la session.

Le lien avec le leadership dépend de la façon de mesurer. En 2010, Peter Harms et Marcus Credé ont publié une méta-analyse sur 62 échantillons indépendants. Lorsqu'une même source notait l'intelligence émotionnelle et le leadership transformationnel, la corrélation montait à 0,59. Avec des sources distinctes, elle descendait à 0,12. Les questionnaires de traits donnaient des liens plus forts que les tests d'aptitude. L'accord entre sources restait faible pour les deux notions.

Se noter soi-même renseigne peu. Dans l'étalonnage du MSCEIT 2, l'autoévaluation des participants et leurs résultats au test ne variaient pas ensemble. Un manager certain de bien lire son équipe peut se tromper, et un manager qui doute de lui peut voir juste.

Movea en tire deux règles pour la session. Aucun participant ne reçoit de score de quotient émotionnel. Chacun travaille sur des gestes que le groupe et le formateur voient, puis commentent avec lui.

Quatre situations entraînées pendant les deux jours

Lire l'état émotionnel de l'équipe. Le manager part de faits : qui parle en réunion et qui se tait, le ton des messages, les retards, les plaisanteries qui changent de registre. Il note le fait, puis son hypothèse, puis la vérifie par une question ouverte posée en tête-à-tête. La session teste aussi une météo d'équipe : en début de réunion, chacun dit en un mot dans quel état il arrive, et personne ne commente. Dans l'étude de l'Apec sur la santé mentale, une cadre raconte qu'elle ouvre toujours ses réunions par la même question à son équipe : comment chacun se sent-il ?

Faire retomber une tension collective. La méthode travaillée tient en quatre temps :

  1. Décrire la scène en une phrase factuelle : « Le ton monte, et deux avis s'opposent sur le planning. »
  2. Ralentir : reformuler chaque position, l'une après l'autre, et noter les points d'accord au tableau.
  3. Faire parler ceux qui se taisent, par un tour de table court.
  4. Trancher, ou reporter : si le groupe ne peut plus décider, fixer la date de reprise et ce que chacun prépare d'ici là.

Quand deux personnes ont cessé de coopérer, la tension a dépassé la réunion. Ce cas relève alors d'une autre session, centrée sur le traitement des conflits, médiation comprise.

Annoncer une mauvaise nouvelle. Le protocole SPIKES vient de la médecine. Walter Baile, Robert Buckman et leurs collègues l'ont décrit dans The Oncologist, en 2000, pour l'annonce d'un cancer. La formation l'applique aux annonces de travail :

Étape du protocoleCe que fait le manager
Setting, le cadreRéunir l'équipe de vive voix, dans un lieu calme, avec du temps pour les questions
Perception, ce que l'équipe saitDemander ce qui circule déjà, pour corriger les rumeurs
Invitation, ce qu'elle veut savoirVérifier le niveau de détail attendu : décision, calendrier, effets pour chacun
Knowledge, l'annoncePrévenir qu'une décision difficile arrive, puis la dire en phrases courtes, avec ses raisons
Emotions, les réactionsLaisser un silence, dire ce qu'il observe, répondre aux questions
Strategy and summary, la suiteRésumer, fixer le prochain point d'information, envoyer un écrit le jour même

Exemple : Rémi dirige un service client de quinze personnes. La direction supprime l'équipe du samedi et refait les plannings pour le mois suivant. Rémi réunit son équipe le lundi, demande ce que chacun a entendu, annonce la décision en trois phrases, puis laisse parler. Il répond aux questions dont il connaît la réponse et note les autres. Il donne la date à laquelle il reviendra vers l'équipe, et le compte rendu part le soir même. La courbe du changement, que Mathias Nizan présente sur le blog de Movea, décrit les réactions qui suivent souvent ce genre d'annonce.

Répondre à l'émotion forte d'un collaborateur. Exemple : Solène, cheffe de projet, apprend en entretien que le poste qu'elle visait revient à un collègue. Elle se met à pleurer, puis s'excuse de pleurer. Son manager la laisse reprendre son souffle et lui dit qu'il voit que la nouvelle la touche. Il lui propose une pause. La décision reste la même. Il fixe un second rendez-vous dans la semaine pour parler de la suite de son parcours.

Le rôle du manager s'arrête là où commence le soin. Un collaborateur qui dort mal depuis des semaines, dont la détresse dure ou qui parle d'idées noires doit voir un soignant : le médecin du travail, son généraliste ou un psychologue. Face à des pensées suicidaires, le manager peut indiquer le 3114, ligne gratuite ouverte à toute heure. Pour l'épuisement, un article du blog consacré aux signes de burn out chez un collaborateur aide à faire le tri, et la formation risques psychosociaux situe le manager parmi les acteurs de la prévention.

Intelligence émotionnelle du manager, gestion des émotions ou leadership : quelle formation choisir ?

Management et émotions se retrouvent dans ces trois fiches, par des portes différentes. La gestion des émotions travaille les réactions de la personne elle-même. Le leadership porte sur le cap, les décisions et le style. Cette formation se place entre les deux : l'émotion qui circule dans une équipe, et la réponse du manager.

Intelligence émotionnelle du manager (cette fiche)Gestion des émotionsLeadership
Situation de départUne équipe tendue, une annonce difficile à faire, un collaborateur submergé, un climat suspendu à l'humeur du chefSes propres réactions qui échappent : emportement après une remarque, larmes, inquiétude envahissanteUn cap flou, des recadrages repoussés, une réorganisation à conduire
Objectif principalLire l'état émotionnel du groupe, apaiser une tension, annoncer, répondre à une émotion forte et orienterNommer ses émotions, réévaluer une situation, différer sa réponse grâce à la régulation émotionnelleDiagnostiquer son style, porter une vision, décider, mener les entretiens managériaux
Repères théoriquesSalovey et Mayer, Goleman, Barsade, protocole SPIKESEkman, Gross, étiquetage affectifHersey et Blanchard, Burns et Bass, Greenleaf
Public typeEncadrants de terrain, responsables de service, membres de la direction, RHManagers, conseillers et soignants exposés au public, experts promus responsablesManagers, cadres, dirigeants

Pour la reformulation et les questions ouvertes, la formation écoute active consacre une journée entière à ces gestes. Le dossier Movea sur les émotions au travail détaille les techniques de régulation personnelle, et le dossier sur le leadership présente les styles de management.

Cadrage, deux journées en groupe, point à trois mois

Les managers inscrits, douze au plus et tous salariés de la même société, travaillent ensemble pendant les deux journées. Le formateur anime dans vos locaux, de Lille à Marseille, ou en visio, caméras allumées, avec le même programme. Réunir managers de proximité et membres de la direction aide à partager une même lecture du climat des équipes. Pour un manager isolé, le même travail existe en coaching individuel, à la carte.

Au premier jour, chaque manager établit la carte émotionnelle de son équipe à partir de faits, puis prépare sa routine d'avant-réunion. Le second jour, il joue l'annonce qu'il doit faire et une réponse à un collaborateur submergé, devant un observateur. Il repart avec trois engagements datés. Un trimestre après, Movea revient vers lui : quels engagements tiennent, lesquels restent à lancer.

Financer la formation intelligence émotionnelle du manager

Former jusqu'à douze managers à ces gestes coûte 3 960 € HT : la journée vaut 1 980 € HT.

L'OPCO peut rembourser la somme en partie ou en entier, selon des règles propres à chaque branche et à chaque taille d'entreprise. Les fonds qu'il gère pour le plan de développement des compétences restent ouverts aux seuls employeurs de moins de 50 salariés. Sans prise en charge, la session s'impute sur les fonds de formation de l'entreprise ; le CPF n'a pas sa place dans ce format intra.

Movea est certifié Qualiopi pour ses actions de formation. Il monte le dossier avec vous et fournit pour la demande la convention, le programme détaillé et les justificatifs. Les autres formations figurent au catalogue Movea. Apec, Salovey et Mayer, MSCEIT 2, article de Goleman de 1998, Barsade, Sy, Côté et Saavedra, Harms et Credé, protocole SPIKES : toutes ces références sont listées en bas de page.

Sources et références